Marché publicitaire algérien : Les experts mettent le doigt sur la plaie

Elwatan; le Mercredi 15 Octobre 2014
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S’il est vrai que les marchés publicitaires tunisien et marocain ont pris une belle longueur d’avance par rapport au marché algérien, les experts de la communication publicitaire caressaient, hier à Alger, l’espoir de voir l’investissement publicitaire s’affermir davantage en Algérie dans les années à venir. Ils reconnaissent que les marchés tunisien et marocain sont «historiquement dynamiques», mais les facteurs favorisant la bonne croissance des investissements militent pour une inversion de la tendance au profit de l’Algérie. Un grain d’espoir sur fond de pressions politiques exercées contre les médias indépendants.

Selon Riad Aït Aoudia, directeur général de MediAlgeriA, l’indice de pression publicitaire attribue à l’Algérie les meilleures perspectives en termes de potentiel et de croissance de l’investissement publicitaire. «Il y a toujours un lien entre le PIB et l’investissement publicitaire ; c’est ce qu’on appelle l’indice de pression publicitaire. L’Algérie se rapproche de la moyenne régionale en la matière avec, au tableau, des facteurs favorisant une bonne évolution du marché tel le potentiel et la croissance économique», explique l’expert, hier, lors de la tenue, à Alger, des journées euro-maghrébines de la communication publicitaire.

Une démarche opportune à même de faire l’état des lieux et les perspectives de la publicité en Algérie. Ainsi donc, malgré la faible ouverture de l’économie au secteur privé, les annonceurs tiennent leur rang.
Le marché publicitaire algérien, dans sa partie médias, pèse pour environ 300 millions de dollars, selon les statistiques qui nous ont été fournies par Riad Aït Aoudia. Il estime le marché à un peu plus de 500 millions de dollars, événementiel (salons et foires) et sponsoring compris. Etant donné que la partie médias ne représente que 50% du marché.

Besoin de régulation

Une performance conditionnée, à l’avenir, par une combinaison gagnante de certains paramètres, estime Alexandre Beaulieu, directeur général de TBWA\DJAZ et directeur général pour l’Afrique du Nord du même groupe. Alexandre Beaulieu met le doigt là où l’anarchie tire sa source. «Les règles régissant le marché audiovisuel (les nouvelles chaînes TV) doivent être clarifiées pour permettre une meilleure émergence d’un paysage local fort, l’attractivité du marché (Doing Business) doit encore progresser pour attirer plus d’investisseurs et donc de projets qui sont susceptibles de nécessiter nos services, la concurrence doit être encouragée dans plus de domaines car elle stimule la différenciation par la communication, les agences conseil doivent être aidées par le pouvoirs publics afin de pouvoir continuer à investir…etc.»

Aux questionnements soulevés par les experts, le ministre de la Communication, Hamid Grine, promet une loi régulatrice pour début 2015 afin de «mettre fin à l’anarchie». Alexandre Beaulieu soutient que le marché publicitaire algérien évolue positivement, mais beaucoup plus lentement qu’il ne le pourrait.Il est à l’image de ce qu’est l’économie du pays. Rachid Hessas de RH International Communication, organisateur de l’événement, milite, lui, pour l’émergence d’une autorité de régulation, «seule capable d’avoir un effet structurant sur le secteur». «Il est temps de donner au secteur un cadre législatif et réglementaire», soutient-il sur sa lancée.
Le besoin de régulation se fait sentir. Les professionnels le disent sans détours, ni faux-fuyants. La volonté politique fait défaut.
 

Categorie(s): economie

Auteur(s): Ali Titouche

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