Mustafa Ben Ahmed. Union générale des travailleurs tunisiens : «La révolution s’est arrêtée aux portes de l’UGTT»

Elwatan; le Jeudi 31 Mars 2011
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Elle a conduit des luttes, comme elle a servi de couverture, d’alibi à toutes les politiques menées par les gouvernements successifs depuis Bourguiba à aujourd’hui. En contrepartie, l’UGTT a gardé une certaine autonomie, de la distance qui lui ont permis d’arracher des droits sociaux et asseoir certains acquis considérables pour les travailleurs. l’UGTT à travers l’histoire de son évolution a toujours agi comme un grand appareil d’Etat. Toutefois, cet appareil de par sa composition est loin d’être soumis. C’est plutôt un partenaire.


L’UGTT a, par ailleurs, servi de refuge pour les forces politiques qui n’avaient pas la possibilité de mener légalement leur action critique. Ces forces sont représentées au niveau des instances de l’UGTT, ce qui procure à celle-ci une diversité et une multitude de colorations politiques. Par sa structure verticale, l’UGTT a formé une véritable oligarchie qui bénéficie d’avantages et de privilèges matériels, mais jouit aussi d’une considération au niveau de la société.  Cette oligarchie a développé un certain esprit de confrérie, de secte. Elle est accusée d’avoir appuyé Ben Ali durant les deux dernières décennies. Comme pour Fort Mosa, la révolution s’est arrêtée aux portes de l’UGTT. C’est une forteresse imprenable. Même si la direction n’a subi aucun changement, elle est néanmoins déstabilisée.

Si l’UGTT a réussi jusqu’à maintenant à se mettre à l’abri du tsunami révolutionnaire, c’est parce qu’il y a de l’opportunisme politique dans l’air. Le pouvoir qui déstabilise très bien la puissance l’a toujours dressée contre la démocratie par la voie des négociations salariales notamment, l’opposition veut l’utiliser contre le pouvoir.
 

Categorie(s): reportage

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