Notre reporter sur les lieux de l'assassinat d'Hervé Gourdel : Sur les traces des terroristes dans le massif du Djurdjura

Elwatan; le Jeudi 9 Octobre 2014
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Un millier d’hommes, parmi lesquels une unité de para-commando appuyée par l’artillerie et utilisant des équipements de reconnaissance à infrarouge et de détection thermique, sont déployés depuis l’enlèvement du ressortissant français Hervé Gourdel, dans la région d’Iboudrarène, notamment dans la forêt d’Aït Ouabane, en Kabylie. Objectif : déloger la quarantaine de terroristes qui ont pris ce massif comme refuge. Premier résultat : la découverte du campement où le groupe avait filmé sa réunion d’allégeance à Daech. Nous avons tenté de faire le chemin d’Hervé Gourdel, avant qu’il ne soit enlevé à hauteur de ce bassin, où les entrailles du mont Lala Khedidja déversent une eau limpide. Durant ce long chemin que nous avons traversé entourés par les paras, en tenue de camouflage, nous apprendrons que les militaires ont identifié les cinq terroristes qui avaient tué l’otage français.

L’égorgeur, également mufti de l’organisation, est un cinquantenaire algérois, qui cumule des années dans les rangs des criminels. Leur chef, Gourdi natif de Si Mustapha, à Boumerdès, avait quitté la prison, après avoir purgé sa peine de 5 années pour activité terroriste. Dans l’enregistrement vidéo montrant une réunion d’allégeance à Daech, il n’apparaît pas. Cependant, trois éléments qui avaient participé à l’enlèvement et à la décapitation y sont présents. Les terroristes identifiés, en majorité natifs de Boumerdès et Bouira, sont âgés entre 20 et 54 ans. Les services de sécurité ont utilisé les moyens les plus modernes en matière d’identification.

Des équipements qui peuvent reconnaître l’empreinte de la pupille des personnes enturbannées, mais également la reconnaissance de la voix de ceux qui parlent et dont on ne voit pas le visage. En tout, 32 éléments apparents ont été identifiés. Sur les lieux du campement, des obus Hawn, des produits alimentaires, une cuisine et quelques effets personnels des terroristes ont été trouvés. Visiblement, ces derniers sont venus de trois régions pour prendre part à la réunion et «déguster» une vache rôtie sur un feu de braises. Néanmoins, ils semblent avoir quitté les lieux hâtivement en n’emportant que le strict minimum. «Peut-être lorsqu’ils ont vu de loin l’arrivée des militaires, à la suite de l’enlèvement de Gourdel, ils ont pris la fuite. Ils n’ont pas pour habitude d’abandonner autant de provisions alimentaires, d’ustensiles, de chaussures, de médicaments, etc., si ce n’était pas une affaire de survie. Ils se sont dispersés rapidement», explique le commandant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou, qui nous a accompagné dans ce voyage sur les traces de la katiba Jund Al Khilafah.

Jusqu’à aujourd’hui, aucune nouvelle quant au corps de l’otage français. «Nous n’avons que la version donnée par les cinq accompagnateurs de Gourdel. Nous savons que les terroristes les ont interceptés devant le bassin à mi-chemin du campement des terroristes, sur une piste de montagne, non fréquentée. Pour l’instant, nous n’écartons aucune piste et tout sera fait pour neutraliser le groupe et retrouver le corps de Gourdel», a déclaré le chef de l’état-major de la 1re Région militaire, qui dirige l’opération sur place, depuis deux semaines. Il révèle que tous les moyens nécessaires «ont été mis à notre disposition, par le commandement de l’état-major de l’ANP, pour en finir définitivement avec ces criminels».
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Salima Tlemçani

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