Nouvel An 2013 : les Oranais se préparent pour la fête

Elwatan; le Jeudi 27 Decembre 2012
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Les plus nantis ont déjà payé leur billet d’avion pour passer d’agréables moments sous d’autres cieux. La deuxième catégorie a réservé dans les complexes touristiques de la corniche qui ne désemplissent pas dans pareille occasion. La 3e catégorie fêtera en famille autour d’une tarte, des fruits et des boissons gazeuses juste pour décompresser et fêter la fin d’année. «C’est vrai que je n’ai pas les moyens financiers mais j’achèterai une tarte pour les enfants la nuit du réveillon», avoue un manœuvre.

D’autres attendront la fête de «Yanayer», la nuit du 11 janvier, pour fêter comme il se doit en famille élargie. Une tradition ancrée dans les mœurs des Oranais. Les pompiers, les gendarmes et les policiers auront du pain sur la planche. Mais, avouons-le, la grande frange de la population oranaise a d’autres chats à fouetter. «Non ! Je n’ai pas le moral. Comment fêter dans un bidonville. Des toits qui fuitent, un froid terrible qui vous fouette en plein hiver, la boue, les odeurs nauséabondes…Je laisse les enfants passer quelques jours chez leur grand-mère pour oublier ce cauchemar qui dure. Je viens d’apprendre que nous allons bénéficier d’un F 3 dans quelques mois. J’attends le moment avec impatience», confie un père de famille avant de poursuivre : «Enfant et adolescent, j’ai passé d’agréables moments de fête et de joie dans les années 60/70 avec mes parents au quartier Victor Hugo, à Dar El Hanaa exactement. Aujourd’hui, je souffre de nostalgie des jours heureux passés avec les copains.»

Ainsi, la vie oranaise s’est transformée ont une rude épreuve après des jours heureux où chaque quartier avait sa troupe de musique, sa salle de cinéma, ses coutumes et traditions, ses moments de joie et de tristesse : «Oui ! Nous étions pauvres mais heureux», martèlent les anciens habitants des quartiers populaires d’antan.

Il y a des signes qui ne trompent pas : le pouvoir d’achat des ménages dégringole. Selon des statistiques officielles de l’ONS (Office national des statistiques), plus de 9% de hausse par rapport à l’année dernière. Les fruits et légumes ont eu la part du lion de cette inflation avec plus de 25 %. «Les augmentations des salaires ont été épongées par la hausse injustifiée des produits de consommation. En fait, c’est le retour à la case de départ», peste un fonctionnaire de l’Education. D’autres secteurs sont encore paralysés par des débrayages pour arracher des augmentations de salaire et sortir la tête de l’eau. Le cas des paramédicaux est la parfaite illustration.                               

Categorie(s): oran

Auteur(s): Noureddine B.

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