Oléiculture, une filière lésée

Elwatan; le Lundi 28 Mars 2011
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Alors qu’un Grecque, par exemple, consomme jusqu’à 25 litres d’huile d’olive par an, l’Algérien ne consomme, en moyenne, qu’un litre par an, selon le Conseil oléicole international (COI). La raison est d’abord imputable à la forte concurrence qu’exerce l’huile de graines (tournesol). Au moment où le consommateur algérien paye 7% de TVA pour l’achat d’un litre d’huile de graine (Soja), il doit débourser 17% de TVA pour s’offrir de l’huile d’olive de son pays. «De la sorte on encourage les cultivateurs du tournesol des pays étrangers et on pénalise les oléiculteurs algériens», se plaint M. Khodja, membre du conseil interprofessionnel oléicole, organisation visant à implanter un million d’hectares en oléiculture à travers l’Algérie. Les oléiculteurs algériens réclament la suppression de la TVA pour encourager la consommation. Autre facteur, le prix de l’huile d’olives est onéreux par rapport au pouvoir d’achat des Algériens.


M. Khodja plaide pour un financement par l’Etat de campagnes d’encouragement et d’incitation à la consommation. Autre contrainte, la majorité des PME de conditionnement de l’huile d’olive font face à la faiblesse de leur trésorerie. Les oléiculteurs réclament l’élargissement du crédit Rfig à la filière oléicole. Il est à souligner que le dernier Conseil des ministres a promis des crédits bonifiés au profit des unités industrielles agro-alimentaires qui octroieront, à leur tour, des préfinancements aux cultivateurs de leurs filières. Le gouvernement a également promis de mettre en place un dispositif de garantie des crédits bancaires destinés aux agriculteurs. Mais les oléiculteurs veulent mieux, à l’image des avantages offerts à la filière lait, ils souhaitent l’instauration de primes de rendement à la production et de collecte, d’autant plus que la filière oléicole n’est pas au bout de ses peines.
L’Algérie ne compte aucune unité de raffinage ni d’unités de valorisation du grignon d’olive qui est un sous-produit du processus d’extraction de l’huile d’olive.
Une telle valorisation de ce sous-produit composé des peaux, des résidus de la pulpe et des fragments des noyaux de l’olive peut servir à l’alimentation du bétail ou à l’industrie du bois. «Il faut transformer un problème environnemental en atout économique», plaide M.Khodja.

Categorie(s): produits et marchés

Auteur(s): Cherif Lahdiri

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