Ouiza Galleze. Consultante : «Les associations doivent imposer des réponses»

Elwatan; le Lundi 13 Octobre 2014
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-Quel regard portez-vous sur le mouvement associatif algérien ?

Le mouvement associatif en Algérie n’a pas beaucoup de problèmes. Je parle en comparaison  à d’autres pays arabes, pays musulmans et pays d’Afrique. Les associations sont en train de se restructurer de l’intérieur. On remarque une tendance à la spécialisation, et c’est bien. Car, c’est la meilleure voix pour une association. Les associations naissent pour apporter des réponses à des problèmes posés dans la société. Beaucoup de problèmes ont été réglés par les associations, mais, j’en conviens, beaucoup reste à faire. En tout cas, nos associations doivent apprendre non pas à poser des problèmes mais à imposer des réponses aux problèmes posés par la société. Il faut cesser de critiquer à tout vent et arrêter de causer de problèmes dont on n’a pas de réponses. Il faut s’investir davantage sur le terrain pour changer le quotidien des populations. Car, s’asseoir dans un café, critiquer tout ce qui bouge et refaire le monde, c’est à la portée du premier quidam.

-Quelle est votre appréciation sur la gestion des associations chez nous?

Elle se fait suffisamment bien. Mais, on remarque quelques flottements avec la restructuration venue avec la loi 2012. Car cette loi en réglant pas mal de problèmes anciens, elle en a posé de nouveaux, et comme il y a un manque de formation et de stage de recyclage, les choses évoluent lentement. Vous savez, l’association c’est comme un être humain, si on ne le forme pas il stagne, quand il ne dépérit pas. Enfin, il y a beaucoup de choses qui ont été faites, mais il faut continuer et ne pas s’arrêter en si bon chemin. Nous sommes à la phase intermédiaire, il nous faut encore des efforts pour arriver à maturité.

-Quel profil doit avoir un président d’une association ?

Hem ! Il ne faut pas qu’il se comporte comme un président d’une entreprise et prendre des décisions unilatérales. Il faut qu’il sache se créer une relève. Il ne faut pas qu’il se fasse entouré comme un ministre par des gens qu’il connait. Il faut qu’il sache que l’association ne lui appartient pas, qu’il est là non pas pour accéder à un poste ou à des privilèges, mais pour aider les autres à résoudre leurs problèmes.
Il faut qu’il soit altruiste. L’association est un espace ouvert, commun, démocratique pour dénoncer et régler des problèmes posés par des citoyens.

-Votre avis sur la collaboration entre les différentes associations.

Il y a des réseaux mais c’est peu. Il faut développer le réseautage, s’entraider davantage, se resauter plus. Les associations doivent se rencontrer, tisser des liens entre elles, animer des débats ensemble et travailler de concert pour organiser certaines activités.

-Beaucoup d’associations veulent vivre de l’assistanat.

De toute façon l’assistanat est en train de disparaître. Oui, on s’y plaît tous à ne rien faire et avoir de l’argent. Mais l’époque où l’on octroie généreusement des subventions aux associations qui ne font rien est révolue. Certes, il y aurait toujours des subventions aux associations, mais elles sont en train de baisser.En tout cas, même sans subventions, le mouvement associatif continuera à durer. Seulement, il faut qu’il dure dans de bonnes normes.B. B.

Categorie(s): bejaia

Auteur(s): Boualem B.

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