Ouverture du 38e Eucoco hier en Italie : soutien italien à la cause sahraouie

Elwatan; le Dimanche 17 Novembre 2013
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Rome
De notre envoyé spécial

Il y avait une grande attention, hier après-midi, à l’Institut de l’énergie électrique de Rome où se sont ouverts les travaux de la 38e conférence de la Coordination des comités de soutien européens au peuple sahraoui (Eucoco). Plus de 350 participants venus des quatre coins d’Europe, d’Amérique latine et même de l’Afrique du sud  s’y sont donné rendez-vous pour joindre leur voix à celle des sahraouis qui réclament que justice leur soit faite dans leur combat pour exercer leur droit à l’autodétermination.

La pluie qui tombait dru sur la capitale italienne n’a pas dissuadé les sympathisants de la cause sahraouie à braver le froid pour marquer leur présence à l’Eucoco. Au total, 16 pays ont dépêché des délégués, dont de nouvelles «têtes» comme le Mexique, l’Autriche, le Portugal, l’Argentine, le royaume-Uni et le Kenya. Dans cette quête qui dure depuis 38 ans, les sahraouis ne pouvaient pas se tromper de chemin, qui passe forcément par... Rome.

La salle des conférences a d’entrée été plongée dans une ambiance festive sur fond de clameurs, cris de joie et d’applaudissements nourris accompagnant l’appel de chaque délégation. Le président de l’Eucoco, l’infatigable Pierre Galland, pouvait alors afficher son allant devant cette quantité, mais surtout cette qualité de la participation. Et, cerise sur le gâteau sahraoui, le clou de la soirée aura été la présence du président de la région de Lazio, hôte de l’événement, Nicola Zingaretti. Mieux encore, cet illustre invité a lancé un message fort qui a fait se lever la salle dans un concert ininterrompu d’ovations. «Malgré la crise économique, l’Italie continuera à soutenir votre cause juste», lancera avec conviction M. Zingaretti. C’est dans cette capitale italienne décidément fidèle à la cause sahraouie après qu’elle eut accueilli le tout premier Eucoco que les soutiens du monde à la cause ont convergé hier pour réitérer leur appel lancinant à la communauté internationale.  

Le président Abdelaziz aux anges

Et c’est ici que les responsables du Polisario et tous ses sympathisants, de plus en plus nombreux dans le vieux continent, espèrent négocier le dernier virage qui mène enfin vers l’indépendance de la dernière colonie d’Afrique.
Signe de l’importance de cet événement, le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, a pointé ici la veille même de l’ouverture des travaux. De la tribune, le président de la RASD a déclaré, tout sourire, que l’Eucoco «s’est transformé en lieu de rencontre de tous les militants de la liberté et des droits de l’homme dans le monde». Il a rappelé les conclusions de la conférence d’Abuja qui avait fait le parallèle entre la «chute du régime de l’apartheid et celui du makhzen dans les territoires occupés».

Le président sahraoui a interpellé la communauté internationale sur le danger que fait peser la drogue marocaine sur les pays voisins et même l’Europe. Et de déplorer «que certains pays» européens négocient avec le Maroc pour «exploiter et piller les ressources naturelles» du peuple sahraoui via l’accord de pêche.«Ce sera une honte pour l’union européenne qui renie ainsi ses principe fondateurs que sont les droits de l’homme et la liberté», tonne Mohamed Abdelaziz. Il a déclaré par ailleurs qu’après 40 ans de «combat et de résistance», la cause sahraouie «est plus que jamais avérée, que c’est une question de décolonisation et qu’à ce titre la communauté internationale devra se mobiliser pour la décolonisation de ce territoire».Il ne manquera pas d’exhorter l’ONU «d’intervenir urgemment pour la libération des prisonniers politiques jetés arbitrairement en taule pour avoir réclamé l’indépendance de leur pays».

L’EUCOCO

Et de terminer par réitérer son engagement que «notre lutte qui restera pacifique mènera inévitablement à l’autodétermination».
Dernière volonté du président Abdelaziz ? «Que la conférence de l’Eucoco se tienne, très prochainement je l’espère, sur les terres de la RASD».  «Notre peuple ne retournera pas en arrière, cette réunion aura lieu, le plus vite possible je l’espère, sur les terres de la RASD».
La conférence s’est poursuivie dans la soirée par l’intervention de Luciano Adesi, du comité italien de soutien au peuple sahraoui.

Sa compatriote députée, Mme Giorgia Meloni, vice-présidente de l’Association nationale des partisans d’Italie (ANPI) a lu les conclusions de la conférence interparlementaire, et en a profité pour «chauffer» l’assistance par des revendications très mobilisatrices. Elle a notamment demandé à l’union africaine et l’union européenne de continuer à réclamer un mécanisme de surveillance des droits de l’homme dans le cadre de la Minurso. Mme Giorgia a également réclamé une commission indépendante d’identification des corps des deux charniers découverts récemment aux environs «du mur de la honte».

Cela étant dit, les travaux du 38e Eucoco se poursuivront aujourd’hui sous forme d’ateliers. Des témoignages sur les sévices corporels subis par les militant(e)s sahraoui(e)s seront également faits devant la conférence, notamment celui de Mme Ghalia Jimmi, tabassée par les forces de sécurité royales lors de la dernière visite de l’envoyé spécial du SG de l’ONU, Christopher Ross, dans les territoires occupés.

Categorie(s): international

Auteur(s): Hassan Moali

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