Palme poussiéreuse : Chronique des années de braise. Mohamed Lakhdar-hamina, 1975

Elwatan; le Vendredi 15 Novembre 2013
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C’est la Palme d’or 1975. La seule dans l’histoire des cinémas d’Afrique. Aucun n’a jamais pu la ramener. Ni Youssef Chahine, ni Sembane Ousmane, ni Souleymane Cissé. Et c’est regrettable. Car depuis plus de 38 ans, les aficionados du cinéma «officiel» aiment à utiliser cet argument pour défendre cette fresque épique sur une page de l’histoire algérienne, rarement montrée au cinéma. Le film de tous les records. Budget conséquent. Distribution imposante. Et moyens techniques à l’image du sujet, unique ! OK ! Mais le film dans tout ça ? La mise en scène ? Le questionnement de l’histoire sur le présent ? Difficile d’y trouver des sens tant Hamina et sa caméra alourdissent tout ce qu’ils touchent. Du geste au plan large il n’y a qu’un pas, celui de l’empirisme, de la métamorphose de l’intime en grossier pensum, de l’image léchée et d’un cinéma au service d’une propagande qui arrange et justifie tout.

Même la faim. Quand on écoute l’auteur, ça donne ça : «Avec ce film, j’avais eu envie d’expliquer pour la première fois comment est arrivée la guerre d’Algérie. Cette révolte, qui est devenue la Révolution algérienne, est non seulement contre le colonisateur, mais aussi contre la condition de l’homme. Mon film n’est qu’une vision personnelle, même s’il prend appui sur des faits précis.» Quand on écoute la jeunesse d’aujourd’hui, ça donne souvent ça. C’est bel et bien le hic dans ce film qui ne parle qu’à une seule spécificité de public, celle qui renoue avec le passé sans réellement se soucier du présent, voire de l’avenir. Un film pour les fantômes !            A la Cinémathèque, le 16 novembre à 14h à Béchar - 17h : Tlemcen ; 17 novembre à 14h : Béchar - 16h : Tlemcen - 17h : Annaba, Batna, Béjaïa, Blida, Oran, Sidi Bel Abbès, Souk Ahras, Tiaret, Tizi Ouzou.
 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Samir Ardjoum

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