Pétards et articles pyrotechniques : Un business explosif aux mains de la maffia !

Elwatan; le Jeudi 5 Mars 2009
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A l’approche du Mawlid Ennabaoui, nos rues se transforment en véritables souks de vente de pétards et autres articles pyrotechniques. Des produits pourtant interdits à la vente. Des jeunes succombent à la tentation de ce business florissant.
Dans les différents quartiers populaires, sous les arcades ou à l’intérieur des cités, ils proposent cette marchandise surtout aux pères de famille accompagnés de leurs enfants. Si cette «tradition» n’a aucun fondement religieux, elle profite cependant aux trafiquants et autres importateurs sans scrupules.
En dépit de leurs prêches, les imams n'ont pas réussi à dissuader les jeunes de cesser de transformer une fête religieuse en un spectacle pyrotechnique. Ces derniers jours, en effet, les explosions de pétards se font entendre partout, causant d’inombrables dégâts et des nuisances. Des adolescents s’en donnent à cœur joie sans en mesurer les dangers.

Un communiqué de la direction de la Protection civile de la wilaya d’Alger met en exergue des vérités : «Les pétards et autres artifices sont dangereux : ils peuvent causer des dommages irréversibles, brûler les yeux, abîmer définitivement l’audition, provoquer des blessures graves et des lésions définitives (amputation, surdité, cécité). Ils sont donc source de danger pour les utilisateurs mais aussi pour leur entourage.» La même source confirme que «l’utilisation de manière irresponsable des artifices de divertissement à l’occasion de la fête du Mawlid Ennabaoui Echarif a provoqué de graves dommages corporels et matériels aux citoyens». Il est recommandé aux citoyens et aux parents en particulier de faire preuve de vigilance et de responsabilité par le respect des consignes de sécurité, notamment l’interdiction de l’usage des pétards à domicile et sur les lieux publics.

Dans 54% des cas, les blessures dues aux pétards nécessitent des soins hospitaliers, ce qui veut dire que ce type d’accidents est grave. Très souvent, ce n’est pas le pétard qui est directement en cause mais la gravité vient du fait que le jeune met le pétard dans un autre objet, comme une cannette ou une bouteille en verre.
Il faut dire que la vente de pétards rapporte chaque année des sommes faramineuses aux importateurs et aux contrebandiers. Une économie parallèle qui échappe à tout contrôle et qui voit de grosses sommes d'argent changer de main pour finalement partir en fumée en cette nuit de fête. Ces dernières semaines, les descentes de police se sont succédé pour tenter d’endiguer le phénomène et saisir la marchandise.

Mais parfois, les interventions musclées ont tourné au «vinaigre». Mardi soir, l’une de ces interventions à Kouba, un quartier d’Alger, a dégénéré en émeute entre les policiers et les revendeurs de pétards.
N’ayant pas accepté cette intrusion, ils ont brûlé des pneus, semé des pierres et bloqué la circulation pendant quelques minutes. Il faut dire que ce commerce rapporte beaucoup et certains attendent cette fête religieuse pour se remplir les poches.

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Auteur(s): Kamel Benelkadi

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