Plus de la moitié des cadres supérieurs travaillent de façon flexible : les TIC ont-ils changé la façon de travailler des algériens ?

Elwatan; le Lundi 18 Novembre 2013
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Un ordinateur, voire même un téléphone, à condition qu’il soit intelligent et une connexion wifi en attendant la 3G suffisent à être opérationnel. Nos managers ont-ils enfin compris que le présentéisme n’a rien à envier en termes de coût et de désengagement à l’absentéisme contre lequel ils ont tant lutté ? Selon l’enquête menée par Regus (le fournisseur mondial d’espaces de travail) auprès de plus de 26 000 chefs d’entreprise dans 90 pays, dont 13 pays de la région MENA, y compris l’Algérie, nos dirigeants ont bel et bien fini par prendre conscience qu’un employé n’a pas vraiment besoin de se déplacer 5 jours par semaine dans les locaux de son entreprise pour exécuter parfaitement son travail et qu’il peut très bien travailler depuis son domicile ou un tiers-lieu.

En effet, l’enquête a révélé qu’en Afrique du nord, les professionnels qui sont contraints de rester à leur bureau sont en minorité du moment qu’un peu plus de la moitié des cadres supérieurs travaillent de façon flexible pendant au moins la moitié de la semaine (52%). Quant à l’autre moitié des employés, voici pour vous de bons arguments pour convaincre vos patrons de vous éviter les déplacements pendulaires domicile-travail et de passer au travail à distance. Régus affirme que le télétravail permet d’augmenter la productivité, de réduire les coûts d’exploitation et de fidéliser le personnel. C’est aussi plus intéressant du point de vue écologique, car cela permet de réduire l’empreinte énergétique de l’entreprise.

En réaction à cette enquête, Louai Djaffer, co-fondateur du site de recrutement sur Internet emploitic.com, qui compte plus de 4000 entreprises et plus de 300 000 de candidats membres, déclare : «D’après ma connaissance du marché, le travail à distance est une pratique très rare pour l’instant en Algérie». Le même constat nous a été livré par Sidahmed Zerouki, le manager général d’Emploi Partner, l’entreprise spécialisée dans l’e-recrutement et par Yacine Terki qui est à la fois associé et gérant au sein de CRA, le groupe spécialisé dans les ressources humaines qui gère le portail de recrutement www.carriere-algérie.com depuis son implantation en Algérie en 2007. Ce dernier affirme que cette tendance existe au niveau mondial, aussi bien pour des raisons de mutations sociales qu’économiques. Cependant, il nous rappelle qu’il faut bien séparer le télétravail du fait de ne plus rester coincé au bureau. En ce qui concerne l’Algérie, de plus en plus d’employés et notamment les cadres sont appelés à se déplacer pour rencontrer des partenaires, des clients ou autres mais le télétravail reste très limité.

Pourquoi le télétravail ne s’est pas encore développé en Algérie ?

Notre interlocuteur identifie diverses raisons. La première raison selon lui est le mode de management. Pour que le télétravail soit répandu, il convient de mettre en place un management orienté objectif et basé sur des relations de confiance et pas sur du temps de présence. De plus, pour que cela soit efficace il faut mettre en place une communication efficace et proactive. Il faut savoir que le contexte est fondamentalement différent puisque travailler depuis son domicile ou à partir d’un tiers-lieu implique un cadre de travail différent. Il existe aussi des raisons sociales comme le fait qu’il est difficile de travailler à partir de la maison, car le conjoint ou la conjointe ne travaille pas ou que la personne vit avec ses parents.

En effet, le télétravail requiert un certain nombre de conditions logistiques, notamment la connexion, la disponibilité d’un bureau. Mais faut-il encourager le télétravail ? Evidemment, vu qu’il existe clairement des avantages à cette pratique comme le gain du temps de transport (ce qui n’est pas négligeable en Algérie), les économies de loyer pour les entreprises et surtout plus de flexibilité pour les employés.

Faut-il s’inquiéter de la motivation et de la gestion du personnel ?

Certains dirigeants s’inquiètent peut-être de la motivation et de la gestion du personnel à distance. Néanmoins, d’après l’enquête de Regus, 61% des sondés en Afrique du Nord (68% pour la région MENA et 55% à l’échelle mondiale) estiment qu’il est tout à fait possible de gérer efficacement les travailleurs à distance. 67% de ce même échantillon (61% pour la région MENA) considèrent la confiance comme étant un enjeu important. Yacine Terki affirme qu’il est tout à fait possible de gérer efficacement des personnes à distance, mais cela dépend beaucoup du métier et des personnes. La première condition de succès étant de s’assurer que la personne peut s’adapter à ce type de management. Il faut notamment que la personne soit autonome, organisée et avec une très bonne communication. Il faut aussi pouvoir donner de la visibilité à la personne et la piloter par objectifs. Enfin, il reste essentiel de garder un contact  physique régulier.

Les jeunes sont-ils plus aptes à travailler à distance ?

En se référant aux résultats de l’enquête en question, l’expérience du travail à distance peut être particulièrement fructueuse pour les plus jeunes d’entre nous. En effet, 33% des personnes interrogées en Afrique du Nord, notamment en Algérie (44% dans la région MENA) pensent que les jeunes employés deviennent plus responsables dans des conditions de travail à distance.
Il est vrai que les jeunes avec leur maîtrise des technologies et leur besoin de liberté peuvent apparaître comme de bons candidats au télétravail.

Il faut cependant rester prudent sur ce point, car un jeune diplômé peut avoir besoin d’un encadrement rapproché qu’il est difficile de fournir à distance. De plus, il est important pour les jeunes d’apprendre ce qu’est le monde de l’entreprise et de développer le savoir-vivre en entreprise et le réseau.                                              

Categorie(s): economie

Auteur(s): Hind Slamani

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