Portrait : Un franc-parler qui dérange

Elwatan; le Samedi 3 Octobre 2015
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Arrêté mercredi soir par des éléments de la gendarmerie sur les hauteurs d’Alger, suite à une plainte déposée par le ministère de la Défense nationale, le général à la retraite Hocine Benhadid n’est pas un inconnu au bataillon. Cet ancien officier supérieur, qui croupit depuis trois jours en prison, est un ancien moudjahid qui a rejoint l’Armée de libération nationale (ALN) à l’âge de 17 ans. Ami et très proche de l’ancien président de la République, Liamine Zeroual, le général Hocine Benhadid a dédié sa carrière au service de l’armée.

Selon ses proches, il a fréquenté, à l’indépendance, les plus grandes écoles de guerre. Ouest Point américaine, où il était major de promo et où il avait comme camarade l’ancien secrétaire d’Etat, Colin Powel. Hocine Benhadid a été aussi à Saint-Cyr, où il fut aussi brillant élève avant de revenir occuper des postes supérieurs au sein de la hiérarchie militaire. Chef de la 3e Région militaire et commandant de la célébrissime 8e Division blindée, le général a occupé le poste de conseiller de l’ancien président Liamine Zeroual avant de démissionner en 1996.

Hocine Benhadid était un inconnu du grand public jusqu’à sa première sortie médiatique en février 2014, à deux mois de l’élection présidentielle, où le président Bouteflika a brigué un quatrième mandat. L’ancien conseiller de Zeroual a choisi franchement son camp en s’opposant à la candidature du chef de l’Etat et en critiquant ouvertement le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée Gaïd Salah.

N’ayant pas sa langue dans sa poche, le général à la retraite s’attaquera frontalement au «clan présidentiel», au frère-conseiller du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika, ainsi qu’au président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad, qui n’a d’ailleurs pas hésité à déposer une plainte contre lui. Le général à la retraite Hocine Benhadid est sorti également de sa réserve pour prendre la défense de l’ancien patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général Mohamed Mediène dit Toufik, en pensant que le chef de l’Etat n’ira pas jusqu’à mettre fin aux fonctions de ce dernier.

Il affirmait dans l’une de ses sorties médiatiques que «l’éviction de Toufik crée l’anarchie et des divisions au sein de l’armée. Bouteflika le sait très bien, et s’il remplace Toufik dans cette configuration, il va donner l’impression qu’il s’est vengé de lui, ce qui aura des suites impitoyables, c’est pour cela qu’il n’ira pas dans cette direction». Le général à la retraite est accusé aujourd’hui, entre autres, de «tentative d’affaiblir le moral de l’armée».
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): S. R.

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