Projet de lutte contre la remontée des eaux à Ouargla : La Rouissat ne décolère pas

Elwatan; le Jeudi 5 Mars 2009
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La polémique autour des «vices noncachés» du mégaprojet de lutte contre laremontée des eaux à Ouargla ne cessed'être alimentée par la rue en colère.

Ouargla.
De notre bureau

Les habi-tants de la commune de Rouissat, notammentla frange jeune, ne cesse de dénoncersa mal-vie due à la dégradation du milieu suite auxdébordements des eaux usées dans les quar-tiers et les mosquées. Ils bloquent régulièrement la route et crientaux malfaçons qui concernent les travauxpointant de l'index l'ONA et les entreprisesétrangères chargées du projet. L'Office national de l'assainissement appelle,quant à lui, à l'apaisement et clame que lesdernières intempéries ont pénalisé les travaux,que l'ONA est le garant de l'efficacité du pro-jet qui a besoin de temps et de sérénité pour leprouver. La persistance des débordementsspectaculaires des eaux d'égout dans la com-mune de Rouissat a engendré un mouvementde revendications au sein de la population quiorganise des sorties vers l'administration loca-le et des sit-in dont le dernier en date a eu lieuavant-hier à l'entrée de la commune. La population estime que les travaux entreprissont inefficaces et ne reflètent pas la notoriétéinternationale des entreprises de réalisation,notamment la libanaise Butec et la françaiseVinci, qui activent actuellement dans la com-mune. Selon eux, «aucun effort d'atténuationdes désagréments causés par les travaux quidurent depuis plus de trois mois n'a été fait etles pluies ont fini par mettre à plat tous nosespoirs d'un dénouement prochain de la situa-tion».De son côté, le cheikh de la zaouïaQadiria a envoyé des demandes d'interventionà tous les niveaux hiérarchiques de l'adminis-tration. M. Hassani juge que les effortsdéployés par l'ONA sont insuffisants et nedénotent pas un souci d'efficacité et d'apaise-ment de la souffrance de la population.

Les jeunes pensent que le blocage de la routeest désormais leur seul moyen de s'exprimeret demandent une enquête sur ce qu'ils quali-fient de «situation catastrophique du cadre devie à Rouissat et la prolifération des maladiesrespiratoires et de toutes sortes d'allergiesdues à la poussière et aux eaux noires». Poursa part, la direction du projet de l'ONA estimeque les problèmes techniques dus à la naturedu terrain et à la situation du réseau existantsont très pénalisants pour les travaux en cours.M. Hantout, directeur du projet, se dit«désolépour cette situation qui dérange les habitantsde Rouissat dans leur vie quotidienne, mais onoublie que le projet est venu réparer une situa-tion catastrophique et un réseau cassé et quele chantier est encore ouvert». M. Hantout appelle à l'apaisement et au ban-nissement de la culture de l'émeute en positi-vant les acquis. Selon lui, «les pluies exceptionnelles qui sesont abattues sur la wilaya de Ouargla, le 20janvier dernier, ont donné lieu à 5 millions demètres cubes d'eau supplémentaires ; ce qui aperturbé les travaux». Ce que les gens ignorent, ajoute M. Hantout,est que«les 7 stations de Vinci ont sauvéOuargla d'un engloutissement certain durantles intempéries, car elles sont dotées degroupes électrogènes avec une autonomied'une semaine en gasoil qui ont prouvé leurefficacité durant les longues pannes d'électri-cité».Pour sa part, le P/APC de Rouissatconfirme que la reprise de plus de 40 km deréseau a été intégrée dans le projet en cours, ycompris le quartier de Zaouïa envahi par leseaux noires.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Houria Alioua

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