Quand la guerre d’Algérie monte à la tête

Elwatan; le Mardi 6 Octobre 2015
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Jusque-là cela ne vaut pas un écho dans les colonnes d’El Watan, sauf que le prévenu (condamné finalement à trois mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve) invoqua pour justifier son geste son passé de militaire en Algérie : «J’ai pas peur, j’ai fait l’Algérie moi ! J’ai déjà tué une centaine de femmes et d’enfants en Algérie, ça ne me dérange pas d’en tuer encore quelques-uns.» Ce qu’il avait dit lors de l’enquête policière, mais qu’il a démenti à la barre du tribunal, c’est que les armes en sa possession (qui lui ont été retirées) servaient à «tuer les ragondins», mais qu’elles pouvaient aussi être utilisées «pour les cambrioleurs ».

Sa fille a expliqué au tribunal que «depuis quelques mois, il reparle intensément de l’Algérie». Le journal indique que «des analyses médicales ont été menées, pour voir si le retraité ne souffrirait pas de troubles mentaux». Cette histoire vient confirmer les ravages que le conflit colonial a suscités dans la tête des jeunes appelés et le danger public que cela pourrait représenter pour les immigrés, dans le contexte d’exclusion et de racisme qui se développe. Les méfaits commis par certains soldats lors de la guerre d’Algérie refont parfois surface des décennies plus tard. C’est en tout cas l’enseignement de ce fait divers.  
 

Categorie(s): france-actu

Auteur(s): Walid Mebarek

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