Rassemblement à la mémoire des victimes du 5 Octobre 1988

Elwatan; le Mardi 6 Octobre 2015
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Al’exception de la formation politique dirigée par Soufiane Djilali, aucun autre parti n’a pris part au rassemblement pacifique organisé, hier, par l’association Rassemblement Action Jeunesse (RAJ) pour rendre hommage aux victimes des événements du 5 Octobre 1988. Des représentants de la société civile, des responsables de SOS Disparus, des jeunes du RAJ se sont rassemblés vers 12h30 sur la place devant le Théâtre national algérien (TNA). Une gerbe de fleurs a été déposée au niveau de la placette, encadrée par des policiers, à la mémoire des enfants du 5 Octobre.

Abdelouahab Fersaoui, président du RAJ, ne nie pas, lors de sa prise de parole, que le 5 Octobre 1988 a donné espoir aux Algériens, avec la naissance d’une nouvelle ère politique, une Algérie démocratique renfermant le multipartisme, le pluralisme politique, la liberté d’association et d’expression. Seulement, 27 ans après, cet espoir d’aller vers une Algérie démocratique avec des institutions souveraines s’est «évaporé». «Il y a un net recul.

27 ans après, on ne peut parler d’avancées décisives. L’ouverture qui a suivi ces événements a été de courte durée. Il y a des acquis que nous avons arrachés et qui sont en train de disparaître», regrette M. Fersaoui qui pense qu’aujourd’hui, la situation est, certes, inquiétante mais ce n’est pas pour autant qu’il faut lâcher prise. «En tant que société civile, en tant qu’élite, nous devrons avec l’implication de tout le monde trouver les moyens pour préserver ces acquis et pour amorcer un processus démocratique.» Cette association, née dans la douleur des événements du 5 Octobre et dans des conditions difficiles, milite pour que le jeune Algérien exerce sa citoyenneté. «Depuis la création de notre Rassemblement, nos revendications n’ont pas changé.

Nous menons un combat pour l’instauration d’un Etat de droit, pour une démocratie réelle où les citoyens peuvent exprimer librement, sans être bastonnés, leurs préoccupations et positions. Nous ne nous lasserons pas de lutter et nous avons espoir qu’un jour nous obtiendrons gain de cause», espèrent les jeunes du RAJ. Pour les participants à cet hommage, il est urgent et important de créer une confiance entre le citoyen et l’élite de ce pays. S’exprimant sur les initiatives politiques lancées par plusieurs partis, le responsable du RAJ regrette au préalable que seul un représentant d’un parti politique (Jil Jadid) a daigné prendre part à cet hommage.

De l’avis du RAJ, ces entités politiques qui ne donnent pas de l’importance à cette date-mémoire sont en déphasage avec la réalité du terrain et doivent revoir leur stratégie de travail. «Normalement, ce sont les partis politiques qui doivent donner en premier de l’importance à cette date historique. S’il y a des forces qui doivent ouvrir le débat autour des événements de 1988, ce sont les partis politiques car c’est grâce à ces événements qu’ils existent aujourd’hui», rappelle M. Fersaoui.

RAJ, selon ses animateurs, adhère à toutes les initiatives visant à rassembler et unifier les rangs des Algériens, mais pour l’heure, toutes les initiatives formulées par plusieurs partis ne renferment pas, note RAJ, un «SMIG» de transparence et de démocratie permettant leur réussite. «Nous souhaitons qu’il y ait des initiatives porteuses de projets de société impliquant toutes les forces crédibles», explique-t-il.
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nabila Amir

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