Recomposition

Elwatan; le Samedi 16 Novembre 2013
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Les relations internationales sont-elles en voie de recomposition ? Elles le sont et même depuis de nombreuses années, selon la plupart des spécialistes, et si cette fois il en est fortement question, cela veut tout dire que la question se pose avec insistance, avec de nouveaux enjeux et de nouveaux partenaires. Qui fait alors quoi et pour quel objectif dans cette espèce de nébuleuse ? On sait depuis quelques années que l’émergence de nouvelles puissances allait quelque peu perturber l’ordre international, sinon le contester mais sans heurt, car de nouveaux besoins apparaissent. A côté d’organisations déjà existantes, d’autres apparaissent pour exprimer cette présence et porter ce besoin non pas de puissance au sens classique du terme, comme cela est le cas depuis un demi-siècle, mais beaucoup plus large avec un accès, y compris aux produits rares ainsi qu’aux marchés. Plus de chasse gardée ni de rapport de domination.

En ce sens, beaucoup est fait, même les choses les plus inattendues comme la recherche de nouveaux partenaires sans, pour certains, se défaire de rapports anciens comme celui que procure une organisation comme l’OTAN. Quel est justement l’avenir de cette organisation, sans cesse mise à jour dans ses objectifs mais pas dans ses statuts, depuis la fin de la Guerre froide il y a vingt-trois ans, et qui justifiait son existence ?

De nouvelles menaces sont énumérées sans que les maux chroniques dont le monde souffre depuis bien longtemps soient réellement pris en charge. Il s’agit des conflits et de la misère. On dirait même que les rapports mondiaux sont empreints de plus d’agressivité et que les querelles entre grandes puissances sont non seulement intactes, mais plus vives qu’auparavant. Se souvient-on au moins de cette question posée à la suite de la chute de l’ancien régime libyen, demandant quel était le premier avion à avoir atterri à Tripoli ? Pour beaucoup d’analystes, cet empressement à lever un embargo de fait n’était nullement désintéressé. Tout, disait-on alors, était dans la réponse pour s’enquérir des nouveaux rapports, pour constater qu’en fin de compte, rien n’a changé. Cela est apparu ou a commencé à se profiler dès le milieu des années quatre-vingt-dix, avec l’apparition des premiers pays émergents et, dans son sillage, des besoins nouveaux en énergie et matières premières, les marchés quant à eux n’ayant pas évolué ou si peu.

Tout comme au sujet de l’arsenal chimique syrien, à croire que là aussi, son élimination était une fin en soi et qu’il fallait à tout prix poursuivre la destruction systématique de la Syrie. En attendant que la vérité sur le nucléaire iranien soit réellement connue, d’autres enjeux ayant fini par s’y greffer ou parasiter l’enjeu réel. Il est incontestable qu’un changement stratégique mondial semble en cours, sinon qu’il est sérieusement envisagé et certains disent que la région du Pacifique en serait le nouveau centre d’intérêt. Une autre course pour un jeu qui paraît tout juste plus ouvert.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Mohammed Larbi

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