Réconciliation interpalestinienne : Israël dénonce le rapprochement entre le Fatah et Hamas

Elwatan; le Mercredi 8 Fevrier 2012
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Ghaza (Territoires palestiniens)
De notre correspondant

Il a suffi moins de 24 heures à l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al Thani, pour amener le président Mahmoud Abbas qui est aussi le chef du mouvement Fatah, et Khaled Mechaâl, le chef du bureau politique du Hamas, à signer la Déclaration de Doha. Cet accord, paraphé lundi à la mi-journée, comporte comme point essentiel la nomination du président Abbas à la tête du gouvernement de transition, dont la mission essentielle sera l’organisation des élections législatives et présidentielle, ainsi que la reconstitution du Conseil national palestinien, le Parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), à laquelle devront se joindre les mouvements Hamas et Djihad islamique.  En deuxième lieu, le gouvernement de transition devra œuvrer à la reconstruction de la bande de Ghaza. Il ne précise pas de date pour la tenue des élections, initialement prévues le 4 mai 2012 en vertu de l’accord de réconciliation conclu en mai 2011 par l’ensemble des factions palestiniennes au Caire. Mais selon des responsables palestiniens, ces élections devraient se faire au cours de l’année 2012. Probablement au mois de mai.

Nouvelle victoire diplomatique pour le Qatar

A noter que la nomination du Premier ministre a été un point de discorde permanent entre les deux mouvements, ce qui a contribué à retarder la naissance de cet accord. En fait, la nomination du Premier ministre paraît, aux yeux de nombreux observateurs, un point pratique qui faciliterait l’application sur le terrain de l’ensemble de l’accord de réconciliation. Le gouvernement provisoire, que dirigera le président Mahmoud Abbas, sera annoncé lors d’une réunion de l’OLP, le 18 février prochain au Caire.  Si du côté palestinien, les réactions  des responsables politiques ont été favorables, même si certains d’entre eux ont émis quelques appréhensions à cause des innombrables échecs précédents, en Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a dénoncé le rapprochement des deux principales factions palestiniennes : «Le Hamas est une organisation terroriste dont le but est de détruire Israël et qui s’appuie sur l’Iran.» «Si Mahmoud Abbas applique ce pacte, il choisira d’abandonner le chemin de la paix (...), on ne peut pas avoir les deux», a-t-il ajouté. 

Les Palestiniens savent, quant à eux, combien fait mal à Israël la réunification de leurs rangs. L’Etat hébreu a joué un rôle prépondérant dans la division et désire la faire durer le plus longtemps possible pour continuer à clamer devant la communauté internationale que les Palestiniens n’ont pas de représentant fiable avec lequel il peut aller de l’avant dans le processus de paix. En tout cas, MM. Abbas et Mechaâl ont promis de tout faire pour une application rapide de l’accord sur le terrain.
En signe de bonne volonté, le président Abbas a annoncé la libération de 64 prisonniers du Hamas détenus en Cisjordanie occupée. Quant à la rue palestinienne, elle se contente d’observer l’évolution de cet événement important. Il n’y a pas eu de réaction populaire comme lors de précédentes annonces d’accords entre les deux parties. Il faut croire que les gens sont devenus plutôt méfiants et ne se contentent plus de discours, aussi optimistes qu’ils soient.     

Categorie(s): international

Auteur(s): Fares Chahine

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