Réfléchir et agir sur les facteurs de succès

Elwatan; le Lundi 24 Decembre 2012
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On apprend aux étudiants en sciences de gestion  que l’une des méthodes efficace de mangement consiste à s’interroger sur les fonctions-clés qui ont le plus d’impacts sur les performances des entreprises. Ces fonctions ne sont pas les mêmes d’une entreprise à une autre. Dans l’agroalimentaire c’est la qualité et le marketing, dans la construction ce sont les compétences des chefs de projets et ainsi de suite. Ces fonctions doivent constituer les priorités des managers. On leur accorde plus de ressources, de pouvoir et de temps que le reste. Il en est de même pour les politiques publiques. Un pays peut ne pas exceller dans tous les domaines. Mais il peut s’en créer des avantages distinctifs dans certains. Il n’a pas besoin de rayonner partout. Il lui faut parfois booster les performances de deux ou trois secteurs phare pour se nicher favorablement au sein des activités mondiales.

Cependant, il y a des conditions incontournables à s’approprier efficacement pour toute tentative de trouver sa place dans le concert des nations. Le choix des secteurs à développer est une chose mais les faire fonctionner efficacement en est une autre. Nous allons focaliser surtout nos analyses sur la mise en évidence de ces conditions-clés. Le choix des secteurs ou des activités-clés de succès est fonction de l’histoire, de la géostratégie et de nombreuses autres considérations dont les aspects économiques.

Les activités spécifiques, en action

Il est rare qu’un pays réussisse dans tous les domaines. Même les nations «continents» ont des difficultés à être bonnes dans tous les secteurs. Les USA ne sont pas compétitifs dans la production de la plupart des biens industriels de masse (véhicules, électroménager). La Chine est encore très peu performante dans des industries comme l’aéronautique ou les énergies nouvelles. Il faut choisir ses domaines de prédilections. Plus petit est le pays plus réduits seront ses activités. Le Luxembourg s’illustre dans le domaine des services financiers. C’est suffisant pour lui permettre de figurer dans le gotha mondial des nations à haute performance.
  

Il n’est donc pas attendu d’un pays qu’il soit brillant et super compétitif dans tous les domaines d’activité. S’il est vaste et dispose d’une population et de ressources abondantes, il œuvrera en ce sens. Mais il serait presque sûr de constater que de bon nombre d’activités ne rayonnent pas à l’international. Mais le choix des activités à développer doit être compatible avec sa géopolitique et/ou ses forces potentielles. Prenons un exemple avec lequel les Algériens sont un peu familiers. Le Liban est un pays légendaire par son instabilité politique. Il se classe ainsi parmi les pays à très haut risque. Les investissements lourds étrangers se font rares (sauf par l’intermédiaire de la diaspora). Il aurait pu être aussi pauvre et démuni que la Somalie. Et pourtant, il se situe parmi les pays arables non pétroliers les plus prospères.

Le Liban excelle dans deux secteurs stratégiques : l’enseignement et les banques. C’est suffisant pour lui aux fins d’articuler une stratégie cohérente et ouverte afin de profiter de la mondialisation. L’enseignement (surtout supérieur) est à dominante privée et les institutions d’éducation sont jumelées avec les meilleurs établissements mondiaux. Les familles moyennes et aisées investissent énormément dans l’éducation de leurs enfants. L’enseignement fournit à la sortie d’excellents cadres dans tous les domaines d’activité, spécialement dans le management, l’ingénierie et les banques. On y cultive l’esprit d’entrepreneurship, la prise de risque et la création d’entreprise. Les universités négocient avec leurs partenaires et proposent toutes un stage de fin de formation à l’étranger dans de nombreux pays. La plupart des étudiants y restent. Superbement bien formés, ils sont intégrés dans les grandes institutions mondiales. La plupart deviennent de hauts dirigeants ou après une expérience créent leur propre entreprise. Beaucoup y réussissent. Leur argent transféré au Liban ou déposé dans des banques libanaises est un moteur puissant de l’activité économique du pays.

Les conditions de base

On ne peut pas tirer profit, même d’un nombre réduit d’activités, sans disposer d’un minimum de conditions sine qua none dans des domaines qui relèvent pratiquement des prérogatives de l’Etat. Nous n’avons pas entrepris de réflexions pour identifier quelques facteurs-clés de succès que l’on peut développer efficacement pour réussir notre intégration à l’économie mondiale. Une analyse en termes d’identification des activités facteurs-clés de succès peut nous emmener à choisir des secteurs traditionnels (agriculture méditerranéenne, tourisme, électroménager) ou les industries et les services du futur : nanotechnologie, agriculture bio, énergies nouvelles, etc.

Quel qu’il en soi, il y a toute une méthodologie à dérouler aux fins d’optimiser ses choix ou se donner les meilleures chances possibles de réussir. La qualification des ressources humaines au meilleur niveau international dans ces activités est incontournable. On ne peut pas exceller dans les nouvelles énergies sans former des ingénieurs de niveau mondial dans ce domaine.

Si c’est un choix d’activité stratégique, la prochaine étape serait un partenariat lourd dans le domaine des qualifications humaines. La seconde condition a trait à l’environnement des affaires. Dès lors qu’il n’est pas au point, il faudrait créer des mécanismes spécifiques pour ces activités. L’Algérie a un mauvais climat des affaires. Mais il influence très peu les investissements dans les hydrocarbures. Les modalités de déroulement sont très différentes des investissements dans d’autres domaines. Certes, il y a l’épineux problème du foncier qui se pose très peu dans le Grand-Sud. Ceci facilite énormément la tâche aux activités pétrolières. Mais l’ensemble des autres tracasseries sont aussi maîtrisées dans ce domaine. Pour se positionner favorablement dans le concert international des nations, nous avons donc à ériger cette triade : activités-clés, qualifications humaines et mécanismes spécifiques de l’environnement
des affaires.
 

 

Categorie(s): repères éco

Auteur(s): Abdelhak Lamiri : PH et Dr en science de gestion

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