Sahara Occidental : Le Centre Kennedy appelle Ban Ki-moon à instaurer le mécanisme de surveillance des droits de l’homme

Elwatan; le Samedi 2 Avril 2011
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En prévision de l’examen par le Conseil de sécurité du mandat de la  Mission des Nations Unies sur le référendum au Sahara occidental (MINURSO) dans les prochains jours, le Centre RFK et la présidente du Collectif des défenseurs des droits de l'homme sahraouis (CODESA), Mme. Aminatou Haidar, ont adressé une lettre conjointe au chef de l’ONU le sollicitant pour l’introduction d’un mécanisme de surveillance "permanent et impartial" des droits de l'homme dans le mandat de la MINURSO.

Depuis 1975, soulignent les deux organisations, "le gouvernement marocain  a occupé le territoire du Sahara occidental", rappelant que "la MINURSO a été  créée en 1991 pour superviser un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario,  et à mettre en œuvre un référendum sur l'autodétermination qui n'a pas encore  eu lieu".

"La situation politique incertaine dans les territoires sahraouis occupés ainsi que l'absence d'une structure internationale impartiale de surveillance  des droits de l’homme ont eu des conséquences désastreuses sur les droits du  peuple sahraoui", déplorent-ils.

Rappelant l’assaut militaire lancé par les forces marocaines en novembre dernier contre le camp de Gdeim Izik, qui avait fait plusieurs morts dans les  rangs des Sahraouis, le Centre RFKennedy rapporte que les témoignages "cohérents et troublants" qu’il a recueillis lors de son séjour à El Ayoun après ces événements "ont confirmé les rapports déjà établis sur les violences subies  par la population sahraouie suite au démantèlement de ce camp.

Lors de sa visite à El Ayoun, poursuit-il, "le Centre RFKennedy a constaté les preuves d'arrestations et de détentions arbitraires, l'usage excessif de la force et un climat de répression généralisée au Sahara occidental". "Les résultats (de notre enquête) démontrent l'urgente nécessité pour établir une présence continue, impartiale et internationale chargée de surveiller  la situation des droits de l’homme. Et nous vous demandons respectueusement de prendre cela en considération lorsque vous rédigerez votre rapport en prévision du renouvellement du mandat de la MINURSO en avril", note-t-il.

Rappelant au chef de l’ONU les préoccupations que ce dernier avait exprimées dans son rapport de 2005 sur les violations des droits de l’homme au Sahara occidental, le Centre RFKennedy précise que ce même rapport avait affirmé que  "si la MINURSO n'a ni le mandat ni les ressources pour s'attaquer à ce problème,  il n’en demeure pas moins que l'Onu est consacrée à la défense des normes internationales des droits de l’homme". En conséquence, relève-t-il, "il est essentiel que l'ONU prenne les mesures nécessaires pour faire respecter ces principes afin de protéger les droits du peuple sahraoui".

Soulignant que "le Département des Nations Unies pour le maintien de la paix (DOMP) considère le respect des droits de l'homme comme un élément essentiel  pour parvenir à une paix durable et totale", il observe que la MINURSO est la seule mission de paix des Nations Unies qui fonctionne sans le mécanisme des  droits de l'homme, et ce, "contrairement aux principes généraux'' de ce Département  de l'ONU. "Comme le mandat de la MINURSO doit être renouvelé en avril en cours, votre leadership est nécessaire pour assurer la protection des droits de l'homme  et la primauté du droit pour le peuple sahraoui à travers la mise en place de  ce mécanisme", insiste-t-il dans sa lettre adressée à Ban Ki-moon.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): El Watan avec APS

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