Saison hivernale à Médéa : le cauchemar des mal logés persiste

Elwatan; le Mardi 19 Novembre 2013
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Les villes, villages et hameaux pavoisés aux couleurs nationales sont égayés par une jeunesse pleine d’énergie, prête à s’éclater pour l’occasion, en préparant activement depuis des jours la grande fête sportive et  une probable victoire devant qualifier l’équipe nationale de football au prochain Mondial du Brésil.

Mais cela n’a pas assourdi le cri de détresse de beaucoup de citoyens préoccupés par leurs habitations précaires  souffrant le martyre à chaque hiver. S’il y a un problème qui tient en haleine les responsables à Médéa, c’est bien celui du logement social. La dernière attribution au chef-lieu de wilaya remonte à une date lointaine, au point où les personnes qui nous ont approchés semblent l’oublier et ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont hantés aujourd’hui par cette psychose de revivre encore  le scénario des impressionnantes intempéries de l’hiver 2010/2011.
A l’époque, leurs baraques de fortune ont été englouties par une forte tempête de neige et sont restés sans nourriture ni chauffage pendant plusieurs jours avant d’être secourus de justesse.

Depuis des années, il ne se passe pas une semaine sans les contestations de ces pères de famille en difficulté de logement, et c’est le même langage qu’on leur tient à chaque fois, en leur promettant qu’ils seront bientôt relogés. «Mais la patience a des limites»,  rétorquent-ils, coléreux. Dernièrement, une autre date d’attribution a été avancée par les autorités locales. Selon ces derniers, elle est fixée probablement pour décembre prochain. Les six familles sinistrées, entassées depuis une décennie dans la salle de cinéma Gamrazed, trois autres au cinéma Rex  et d’autres encore dans une écurie de bovins à l’ex-Damiette, sans compter celles qui vivent dans des habitations précaires éparpillées à Médéa, devront prendre leur mal en patience cette saison hivernale et espérer une fin prochaine de leur cauchemar. 

Pourtant, la capitale du Titteri a bénéficié d’un important programme de logements toutes formules confondues, mais ce secteur s’est retrouvé confronté à un double écueil : celui du déficit foncier urbain et la bureaucratie souvent à l’origine du retard. Devant cette situation dramatique de ces familles sans habitation décente, le wali de Médéa a effectué une visite récemment à la commune de Draâ Esmar pour y dénicher un terrain d’une superficie de près de 60 ha, afin qu’il soit affecté à un projet de 2000 logements destinés aux demandeurs de la ville de Médéa. D’autres opérations similaires ont été également dispatchées dernièrement entre les communes de Ouzera et de Ouamri, en vue de  rattraper le retard accumulé sur plusieurs années du plan quinquennal 2010/2014, faute d’assiettes foncières appropriées à ce genre de projets de grande envergure.

Pour justifier ce retard, les maîtres d’œuvre témoignent des obstacles rencontrés sur le terrain qui se caractérisent par le manque d’assiettes foncières adéquates et d’outils de réalisation important au niveau local.  Les entrepreneurs renvoyant la balle à l’administration. «Trop de bureaucratie et peu de dialogue avec eux», disent-ils. Evitant d’en dire plus !                             

Categorie(s): actu centre

Auteur(s): Abdelkader Teta

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