Salon du travail à domicile : Les prolétaires de l’ombre

Elwatan; le Mercredi 4 Mars 2009
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Le salon du travail à domicile, organisé par la direction de la formation professionnelle, aura été une bonne occasion pour se remettre en mémoire les métiers ancestraux que l’on croyait à jamais disparus.
Avec plus de 3 millions de chômeurs et l’insoutenable récession, il est encourageant de constater que la société aura conservé quelques réflexes de survie qui en disent long sur les capacités d’une Nation à surmonter les obstacles et la famine. Quand bien même leur recensement paraît impossible, elles sont sans doute des centaines de milliers de femmes et de jeunes filles à trimer tous les jours, loin des regards, afin d’assurer un minimum vital à la famille. Dans l’anonymat et dans l’honneur ! Elles étaient très fières ces jeunes et moins jeunes à rivaliser de prouesses et d’ingéniosité afin de montrer et surtout de se montrer. A côté des talentueuses couturières et cette avocate, il y avait les cordons bleus avec des plats d’une exquise saveur, des gâteaux sous toutes les formes et selon tous les goûts ; mais il y a avait également celles qui, depuis la nuit des temps, sont exposées à toutes les contraintes de la vie rurale.

Celles qui doivent aller au bois et revenir préparer les galettes et les gâteaux les plus rudimentaires, avec la force des poignets et la dextérité des doigts de fée. Il en est ainsi de ces deux vieilles dames qui ont tenu à perpétuer ce geste ancestral de la fabrication des pâtes pour chorba (M’katfa) que toute jeune fille se devait de maîtriser avant de prétendre au mariage. Mais le groupe le plus impressionnant de combativité et de discrétion est sans conteste celui organisé autour de l’unique fille du chahid Bordji Amor ; toutes les filles ou veuves de chahid ont ramené leurs ustensiles ainsi que les fourneaux à gaz pour préparer les fameux «M’semen» et autres «Reggag», comme elles le firent durant la guerre pour fêter le passage furtif des héros de la glorieuse guerre de libération. Pour elles, depuis 1954, rien n’aura changé, surtout pas le patriotisme.

Categorie(s): mostaganem

Auteur(s): Samira M.

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