Santé publique : Ces vêtements qui rendent malade

Elwatan; le Mercredi 4 Mars 2009
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A l'instar des jouets, produits électroménagers et produits cosmétiques et alimentaires, les vêtements n'échappent pas à la contrefaçon. Les médecins spécialistes préviennent contre les risques dermatologiques, tels que l'allergie, les eczémas, les brûlures, l'infection et les germes… La contrefaçon touche une panoplie vestimentaire, tels que les sous-vêtements, chemises, tee-shirts, pantalons, pulls, mais aussi des chaussures et chaussettes ou bottes. Ces vêtements et chaussures sont souvent de mauvaise qualité, d'origine inconnue et fabriqués avec des matières douteuses. Généralement, on impute la contrefaçon à la fabrication chinoise dont la présence dans le commerce local est visible un peu partout dans la capitale. Des tee-shirts neufs sont proposés à 500 DA,
des pulls à 900 DA, des ensembles pour enfants ne dépassant pas les 800 DA.
Si ces prix sont intéressants, la mauvaise qualité des produits a trahi des milliers d'Algériens qui, fort heureusement, après quelques mois seulement, se sont rendu compte de cette qualité médiocre. Mais la production locale, aussi, n'est pas exempte de cette situation déplorable.
Chaque semaine, des citoyens sont pris dans les rets de la contrefaçon et contractent des maladies allergiques. C'est le cas de Slimane, 40 ans, rencontré à l'hôpital de Baïnem. Il témoigne. «Une fois, j'ai acheté des mocassins à 1800 DA dans un magasin de Aïn Bénian (Alger), made in Spain. Je les ai portés pendant une semaine ou 15 jours. Après quoi, j'ai commencé à avoir des démangeaisons, des sensations de brûlure. Le pied a enflé. J'ai été aux urgences de l'hôpital de Baïnem. Le médecin m'a dit que les souliers étaient peut-être fabriqués en Chine.

C'est des souliers qui circulent sur le marché. Ils sont fabriqués à partir de matières allergisantes. Il y a des patients qui sont passés aux urgences pour le même problème. Il m'a donné un traitement qui m'a coûté plus cher que le prix des chaussures. Un traitement antibiotique. Le médecin m'a déconseillé les souliers.» Dans la même lancée, une autre dame algéroise a subi le même enfer à cause d'une paire de bottes. : «Moi aussi, j'ai acheté une paire de bottes. Depuis, j'ai des démangeaisons incroyables. Je me lève la nuit pour me gratter la plante des pieds, les chevilles et les mollets. Je n'en dors plus et le matin, c'est dur d'aller au boulot. C'est insupportable et j'ignorais que c'étaient mes bottes. Aujourd'hui, j'ai contacté le médecin qui m'a dit que cela provenait des bottes contaminées.» Quel est l'avis des vendeurs ? Pour eux, la responsabilité incombe aux Chinois qui ont envahi le marché local.

Ainsi, un vendeur de chaussures à Bab El Oued (Alger) explique qu'une paire de training est cédée à 200 DA au marché de Bab El Oued. Selon lui, pas moins de 5 choix de training sont commercialisés en Algérie. Parmi eux, figurent des souliers destinés au marché européen et répondant aux normes de qualité. D'autres, par contre, sont vendus au marché africain et arabe et sont de mauvaise qualité.
Il indique que certains importateurs ne respectent pas les mesures de qualité et les normes internationales. Il avoue, également, que certains importateurs envoient des commandes à leurs collègues en Chine pour leur fabriquer des modèles très demandés en Algérie, mais avec des matières contrefaites.

Categorie(s): enquête

Auteur(s): Mustapha Rachidiou

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