Secteur hôtelier en pleine mutation en Algérie : Public-privé : duel à distance

Elwatan; le Mercredi 26 Decembre 2012
1


Mohamed Amine Hadj Saïd, secrétaire d’Etat auprès du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, chargé du tourisme, a déclaré récemment que l’année 2013 verra le parachèvement de tous les projets d’hôtels en voie de réalisation. Actuellement, le parc hôtelier national se compose de 97 000 lits, dont à peine 15% répondent aux normes internationales. En 2013, il est attendu 150 000 nouveaux lits qui pourront répondre à la demande et offrir une meilleure qualité de service aux clients. Selon les spécialistes de la question, la solution réside dans l’investissement privé.

C’est lui qui va, à terme, créer la concurrence, seul moyen qui poussera les établissements hôteliers existants à améliorer leur prestation ou disparaître. Cela permettra aussi de stabiliser les prix. Les hôteliers doivent revoir leur politique tarifaire (tarifs saisonniers, tarifs publics, tarifs groupe agences de voyages…). Cela est surtout valable pour les Etablissements de gestion touristiques (EGT) qui ont besoin de se remettre en question. Ce modèle de gestion sera-t-il encore valable lors des prochaines années ? Il y a ceux qui pensent qu’ils sont dépassés par le temps et qu’il faudra lancer une réflexion sérieuse sur leur devenir au plus haut niveau de l’Etat. L’Algérie a débloqué 1 milliard de dollars pour rénover son parc hôtelier public, mais cela suffira-t-il pour les transformer en de véritables entreprises performantes ? Si lors des années précédentes, les autorités ont donné la priorité à la vision, il faut maintenant passer à l’action en balisant et en donnant de véritables signaux de changement de cap. La réussite de ce dossier est aussi un défi politique.  

Il faut changer d’attitude et démontrer par l’action. Les EGT pourront-elles résister au raz-de-marée de nouveaux hôtels, généralement des firmes internationales qui s’occupent de leur management ? Accor, Starwood ou Golden Tulip ont tous une griffe, une signature et une renommée internationale. Leurs clients et prescripteurs disposent d’une gamme étendue d’outils électroniques pour réserver des nuitées : sites et réseau internet, GDS (Global distribution systems), téléphone portable et call centers.  

Les responsables des hôtels publics ont-ils conscience des nouveaux enjeux ? A Oran, Les Andalouses a perdu plusieurs clients au profit du Meridien et du Royal, même s’il tente de garder une ultime carte entre les mains : la séduction par le balnéaire. Les deux hôtels de Constantine (Cirta et Panoramic) en sont à choisir des bureaux d’études pour les accompagner dans les opérations de modernisation. Juste en face, le premier Novotel d’Algérie fait mieux que résister. A Tlemcen, Renaissance est sur facebook et propose de «vivre une vie de découverte». A Alger, Sofitel sauve la mise à l’EGT Centre en lui offrant une belle devanture. Les entreprises pérennes seront celles qui sauront s’adapter…               
     

        
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Kamel Benelkadi

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..