Selon Smaïl Mimoune, ministre de la Pêche : La production nationale atteint 220 000 tonnes de poissons

Elwatan; le Mardi 3 Mars 2009
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Pas moins de trois ministres, deux secrétaires d'Etat ainsi que le secrétaire général du FLN se sont déplacés, hier, pour inaugurer un Salon de la pêche qui a ouvert ses portes hier au Palais des expositions (Alger) : l'ancien chef de gouvernement et SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, Hamid Bessalah (ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication), Mustapha Benbada (ministre de la Petite et Moyenne entreprise et de l'Artisanat), Abdelkader Messahel (secrétaire d'Etat délégué chargé des question africaines), Azzedine Mihoubi (secrétaire d'Etat chargé de la Communication) et Smaïl Mimoune (ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques).

Les professionnels du secteur étaient absents de cette manifestation. «J'ai constaté malheureusement que certains exposants sont venus pour vendre leurs produits alors que nous voulons des partenariats et un transfert du savoir-faire», a d'ailleurs commenté M. Belkhadem. M. Mimoune a indiqué pour sa part que la production nationale annuelle de poisson en Algérie est de l'ordre de 220 000 tonnes alors que les ressources halieutiques sont estimées à 600 000 tonnes. «Nous devons exploiter seulement un tiers des ressources et laisser les deux autres tiers pour la reproduction», note le ministre, en insistant sur la nécessité d'encourager l'aquaculture. «Les ressources halieutiques s'amenuisent dans le monde. Il faut aller vers une autre source de production, à savoir l'aquaculture», plaide-t-il.

Dans ce sens, M. Mimoune a annoncé le lancement d'un projet pilote pour l'élevage de la crevette, en partenariat avec la Corée du Sud. La capacité de production de cette ferme sera, selon lui, de 5 tonnes par an. Par ailleurs, les professionnels du secteur, à savoir les pêcheurs, rencontrés hier, se plaignent de beaucoup de problèmes.
Anza Salah (36 ans) commandant d'un chalutier, pointe du doigt la bureaucratie administrative. «Je connais des personnes qui ont attendu plus de 10 mois pour avoir le permis d'accoster au quai. Sans ce permis, il ne sert à rien d'acheter un chalutier», dit-il. Et d'ajouter : «De nombreux pêcheurs, même animés de la plus téméraire des convictions, laissent tomber leurs projets.» Interrogé sur les raisons de la flambée des prix de la sardine qui a dépassé les 280 DA le kilo, notre interlocuteur jette la pierre à «de nombreux revendeurs de poisson» qui «n’éprouvent aucun scrupule à écouler la sardine à
100 DA/kg alors qu'ils n'ont payé que 50 DA pour la caisse de 20 kg». Il regrette encore l'absence du service de régulation des prix. «C'est la foire d'empoigne», souligne-t-il. Même discours chez un autre professionnel venu de Tizi Ouzou. «C'est un salon sans les pêcheurs. Ils auraient dû faire venir des pécheurs d'autres régions du pays. C'est sûr, ils ne veulent pas s'attirer leurs foudres», note-t-il.

Et d'enchaîner : «Et puis, le salon nous offre certes un matériel de haute facture, mais onéreux. Imaginez un petit radar pour le sondage qui coûte 29 millions de centimes. C'est hors de portée.» Ouvert hier, le salon de la pêche, qui s’étend sur 3000 m2, se poursuivra jusqu'au 5 mars. Il enregistre la participation de 46 exposants, dont 16 étrangers venus notamment de France, d’Espagne, de Tunisie, d’Italie, d’Inde, d’Egypte, de Turquie, de Grèce et d’Iran. En marge du salon, des ateliers et des conférences sont animés par des responsables du secteur.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Hocine Lamriben

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