Séminaire sur le tourisme à l’université Mentouri : Des experts dressent un constat sans concession

Elwatan; le Lundi 5 Octobre 2015
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Les travaux du séminaire auquel participent des professeurs et chercheurs de France, de Tunisie, du Maroc et de différentes universités du pays, à travers pas moins d’une vingtaine de communications, se poursuivent au campus Tidjani Haddam jusqu’au 5 du mois en cours et s’articulent autour de quatre axes principaux que sont «Le tourisme comme moteur de développement et créateur de richesses», «l’urbanisme comme mesure préalable au développement touristique», «la ville réceptacle de l’architecture et l’activité touristique», et enfin «le rôle du tourisme dans le développement durable dans la ville de demain».

Interrogée sur l’opportunité d’organiser une telle manifestation à l’université Mentouri, le professeur Samia Benabbas, présidente du comité d’organisation du séminaire et directrice du laboratoire Lautes, nous a déclaré : «En tant que chercheurs universitaires, nous travaillons depuis longtemps sur cette thématique.

La créativité pour booster le tourisme et ramener une plus-value à l’économie avec comme objectif une dépendance zéro aux hydrocarbures ne peut venir que par la connaissance de l’université qui se doit d’abriter un débat fécond d’autant que le rôle que donne les autorités au secteur du tourisme demeure flou. Il est regrettable de constater d’ailleurs que le ministre du Tourisme présent pourtant aujourd’hui à Constantine et auquel nous avons adressé une invitation pour présider à l’ouverture de ce séminaire nous ait fait faux bond.

Même le wali et le directeur du tourisme n’ont pas daigné se déplacer, ce qui renseigne bien sur l’intérêt que portent réellement les autorités au secteur du tourisme dont le développement se heurte à de multiples contraintes. Les chiffres sont d’ailleurs éloquents. Le secteur du tourisme en Algérie offre très peu d’opportunités en matière d’emploi. 2% seulement de la population occupée y exerce une activité soit 148.000 personnes, alors que dans le monde le taux moyen est de 10% de la population active».

L’Algérie à la 64e  position

Dans sa communication, le professeur Pierre Merlin s’est penché sur les chances et risques du développement touristique dans les pays du Maghreb. Pour lui, le tourisme est une activité souvent considérée, notamment dans les pays en développement, comme un chemin privilégié et rapide en vue de prendre une place significative dans les échanges internationaux et de réduire le déficit dû aux autres postes de la balance des comptes du pays. D’après les statistiques de l’organisation mondiale du tourisme, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie occupent les 1e, 4e et 5e places parmi les pays d’Afrique en termes de nombre de visiteurs internationaux.

Des chiffres qu’il faudrait nuancer, selon l’orateur, car le nombre de visiteurs internationaux ne prend pas en compte, par définition la taille du pays d’accueil et surtout le nombre d’entrées qui additionne les entrées des visiteurs étrangers et celles des nationaux non résidants et cumule les visiteurs qui viennent pour une occasion particulière et les voyageurs d’affaires. Avec toutes ces réserves, on ne peut constater, poursuit-il, que le bon classement des pays du Maghreb à l’échelle de l’Afrique correspond à des places médiocres au plan mondial.

Le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ne sont respectivement qu’en 26e 42e et 64e positions et ce malgré la prise en compte des nationaux résidant à l’étranger et revenant dans leur pays pour leurs vacances. Le professeur Merlin a dressé un constat sans concession sur le tourisme dans les pays du Maghreb, lequel selon lui, est partiellement développé au Maroc et en Tunisie mais presque pas en Algérie en dépit des potentialités immenses en la matière de ces pays.

Categorie(s): actu est

Auteur(s): F. Raoui

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