Sétif : les citoyens appellent au secours

Elwatan; le Mardi 7 Fevrier 2012
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L’incapacité des équipes chargées du  désenclavement de ces localités coincées, pour certaines d’entres elles, par plus de 2,5 mètres de neige, a attisé le désarroi des habitants, dans ces régions où le manque d’énergie et de vivres se fait cruellement sentir. Pour l’illustration, les habitants de Tizin Taga, une bourgade dépendant d’Aït Tizi, une commune située à plus de 85 km au nord de Sétif, sont privés de gasoil, de gaz butane et d’électricité depuis une semaine. La situation est presque identique à Tarzout, Izatiten et Takseur, des mechtas dépendant de Bouandes, où l’épaisseur de la neige atteint par endroits les 2 mètres. Le célèbre douar des Aftis (Bouandes) où l’armée française a perpétré un véritable carnage un certain 8 mai 1945, est lui aussi isolé.

Les fortes précipitations n’ont pas arrangé les affaires des habitants de Adjissa, Mordj-Assmen, Ouled Saïdi, Khennancha (Draâ Kebila) cloîtrés chez eux depuis plusieurs jours. «De nombreux insuffisants rénaux de Beni Ouartilane, Bouandas et Maoklane qui devaient se rendre hier à l’hôpital de Bougaâ pour être dialysés n’ont, tout comme d’autres malades chroniques, pas pu se déplacer», nous ont confié des habitants de la région joints par téléphone. Ces derniers crient leur colère ; ils pointent du doigt les autorités locales qui n’ont pas, selon eux, jugé utile de faire appel aux forces aériennes de l’ANP pour acheminer des vivres dans les zones enclavées des communes d’Aït Tizi et Nawal M’zada, pour ne citer que ces deux localités où la neige a dépassé les 2,5 mètres d’épaisseur, et à Tizinmel, où les habitants sont privés de tout.

«Comme il est quasi impossible d’atteindre par voie terrestre certains villages d’Aït Tizi et Nawel M’zada, l’intervention des hélicoptères de l’ANP est seul moyen pour venir en aide aux habitants isolés», ont ajouté nos interlocuteurs. Les habitants de Ghaboula (Aïn Lagradj), qui n’ont pas mis le nez dehors depuis plus de cinq jours, manquent cruellement de produits alimentaires, d’électricité et de gaz. Bloqués depuis plusieurs jours, les citoyens de Berbache dépendant de Oued El Berd ont eux aussi crié leur désarroi : «Les fonctionnaires de la politique qui ne se soucient que de leurs intérêts et privilèges n’ont rien fait pour atténuer les souffrances d’une population abandonnée. On se rappelle de son existence qu’à l’approche des échéances électorales. Ces gens-là n’ont pas intérêt à venir prêcher la ‘bonne parole’ à la prochaine campagne des législatives qui avancent  à grands pas.»

Pour avoir de plus amples informations sur la situation prévalant dans la commune, nous avons contacté le président de l’APC de Aïn Lagradj, qui a bien voulu nous éclairer : «Malgré la mobilisation de 4 rétrochargeurs, une niveleuse et deux tracteurs, on n’a pas pu venir à bout de cette tempête de neige qui sévit depuis plus de neuf jours. Mobilisés H24, les travailleurs de la commune font de leur mieux pour dégager les chemins toujours bloqués à Ghaboula, Ouesser, Kouba, Tilataouine et Izazen, où la neige atteint 1,8 mètre d’épaisseur. La panne de courant a plongé une partie de Benihaffed dans le noir. Le blocage de la route a obligé une parturiente de Tighlit à accoucher chez elle,  avec les risques que cela induit.»


La colère gronde


L’on apprend par ailleurs que les axes routiers reliant la wilaya de Sétif à celle de Béjaïa sont coupés au niveau de Bouandas, Boussellam, Aïn Lagradj et Bougaâ. Les mauvaises conditions sont à l’origine d’un grave accident qui s’est produit hier matin à Aïn Azel. Assurant la ligne El-Hamma-Ain Azel, un bus qui avait à son bord 17 voyageurs s’est renversé sur la chaussée glissante ; l’accident a fait 8 blessés dont 2 grièvement touchés.  Notons que la dégradation des conditions climatiques qui se poursuivra, selon les services de la météo de l’aéroport (toujours fermé), jusqu’à mercredi, a été fortement ressentie au niveau du chef-lieu de wilaya où la circulation a été perturbée hier matin. Des coupures de l’alimentation en gaz naturel ont été enregistrées dans de nombreuses cités de la ville. Les différents établissements de l’éducation nationale ainsi que les trois campus de l’université Ferhat Abbès de Sétif sont restés fermés.
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Kamel Beniaiche

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