Situation à Ghardaïa : Les policiers reprennent leur travail, les citoyens inquiets

Elwatan; le Jeudi 16 Octobre 2014
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Les agents affiliés aux Unités républicaines de sécurité (URS) de Ghardaïa, ceux-là même qui ont lancé le mot d’ordre des «marches bleues» et des sit-in de protestation qui ont fait tache d’huile à travers le pays, notamment dans la capitale, ont subitement décidé de regagner leurs postes et casernes quelques heures après leur rencontre avec Tayeb Belaïz, le ministre de l’Intérieur, dépêché à Ghardaïa.

Dans une rencontre qui s’est tenue de 18 à 21h, les délégués des policiers ont exposé toute leur détresse, une situation socioprofessionnelle difficile, des conditions de travail très dures, notamment lors de longues missions dans les zones chaudes du pays, caractérisées par une montée des mouvements de contestation populaire ou professionnelle parfois très violents et où leur intervention, contestée par les citoyens, n’est pas sans danger.  A Ghardaïa où la ville est déserte depuis mardi soir, la rue menant vers le siège de la sûreté de la wilaya est déserte.
Contrairement aux autres quartiers de la ville, le lieu où la population a salué l’action des policiers, leur apportant soutien moral et matériel, a été nettoyé des restes de nourriture et autres emballages.

Les habitants étaient étonnés de voir les policiers, revenus mardi vers 21h devant le siège de la sûreté de wilaya poursuivre leur sit-in de protestation, quitter les lieux au milieu de la nuit.
Comme par enchantement, usant de la même tactique de l’avant-veille, celle consistant à surgir de nulle part quand personne ne s’y attend. Ils sont repartis comme ils étaient venus, deux nuits plus tôt, au moment où les gens étaient soit terrés chez eux observant l’évolution des événements dans la terreur, soit dans le feu de l’action pour ceux dont les quartiers sont taxés de «zones tampon», de «points noirs», de «coins chauds».

Intimidation

Que s’est-il donc passé pour que les policiers de Ghardaïa décident de reprendre leur travail ? Ceux-là mêmes qui s’étaient déclarés insatisfaits des réponses de Belaïz ont décidé de donner une chance au ministre de tutelle pour mettre en œuvre ses mesures.
Tandis que leurs collègues, décidés à leur apporter leur soutien se regroupaient devant la Présidence, à Alger, et les sûretés de wilaya pour d’autres, un des représentants des URS de Ghardaïa ayant porté les revendications de ses collègues devant le ministre de l’Intérieur, affirmait au téléphone qu’une semaine serait vite passée et que les agents de Ghardaïa attendraient mercredi prochain pour se décider à reprendre la contestation. Le policier s’est même targué d’avoir participé à une intervention au quartier de Bensmara, mercredi vers 3h, marquant ainsi la reprise des positions habituellement occupées par les URS dans la ville.

Un revirement de situation qui ne s’explique que par cette descente en force d’une délégation ministérielle de l’Intérieur qui campe à Ghardaïa actuellement.Un élément de réponse résiderait peut-être dans la présence d’Ahmed Adli, actuel secrétaire général du ministère de l’Intérieur et ancien wali de Ghardaïa, qui aurait conduit les pourparlers avec les policiers de Ghardaïa.
Des négociations dont la mise en scène jouée dans la salle de conférences de la wilaya de Ghardaïa voulait étouffer la mutinerie dans le lieu même où elle a pris naissance.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Houria Alioua

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