Situation du secteur de l’hydraulique dans la capitale : 46 communes alimentées en continu

Elwatan; le Dimanche 8 Mars 2009
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Le travail était énorme et les résultats sont là pour en témoigner», ne cessaient d’affirmer les élus, lors de la dernière session de l’Assemblée de wilaya consacrée en partie au secteur de l’hydraulique.
Un document sur la situation du secteur de l’hydraulique dans ses parties AEP et assainissement a été présenté aux membres de l’assemblée réunis au siège de l’ex-CPVA.
«Plus de stress hydrique depuis quelque temps», se réjouit-on, en faisant remarquer que la production en eau potable est actuellement de 830 000 m3/j. L’alimentation en eau de la wilaya est couverte par les eaux superficielles (barrages) et souterraines, ainsi que par les opérations de dessalement de l’eau de mer à la station du Hamma et des stations monoblocs installées à l’ouest de la
capitale.
La distribution connaît un développement depuis quelques années. 46 communes de la capitale représentant 80% de la population sont alimentées H24. Les 11 communes restantes, représentant 20% de la population, sont alimentées au quotidien. En plus de quelques communes de la périphérie, comme les Eucalyptus, Birtouta et Ouled Chebel, des communes du centre-ville, sont concernées par cette situation, tels Bab El Oued, Oued Koriche, El Madania, Belouizdad et Sidi M’hamed. Des localités sont par contre desservies un jour sur deux et parfois un jour sur trois. Il s’agit de Dekakna, Mousdira, Ben Choubane, Haï Yacoub, Raïs, Sbaât, Mouasta, Ramdania et Ouled Mendil. La direction de l’hydraulique, à qui a été confiée une partie des travaux, relève le lancement de plusieurs projets «dans la perspective de sécuriser» l’alimentation en eau potable de la wilaya. Une station de dessalement devant être réalisée à Fouka (120 000m3/jour) et une autre à Cap Djenet permettront de parvenir à cet objectif. L’ambition est importante chez les responsables de l’hydraulique «A l’achèvement de ce programme prévu pour la fin 2009, l’alimentation en eau potable de la wilaya d’Alger sera totalement sécurisée sur une période de 30 ans», indique-t-on dans le document.

L’assainissement est l’autre aspect du travail mené par les services de l’hydraulique. Le réseau d’assainissement développe, souligne-t-on dans le document, une longueur de 3800 km. Un schéma général d’assainissement a été mis en œuvre et a pour objectif l’amélioration des conditions d’hygiène, la lutte contre la pollution des champs de captage des eaux des oueds et de mer et la protection contre les inondations ainsi que l’adaptation du réseau d’assainissement aux exigences du développement de la capitale. «Une partie des infrastructures a été réalisée.  3 stations d’épuration à Baraki, Réghaïa et Beni Messous, 30 stations de relevage, 3 bassins de retenue à Sidi Yahia, Bab Ezzouar au 2 Mai, en plus de  400 km de collecteurs principaux, sont fonctionnels», relève-t-on dans le document. La direction de l’hydraulique souligne l’augmentation de taux de raccordement de la population au réseau d’assainissement qui a atteint 97% (98% pour l’AEP). Des perspectives sont tracées par la direction dans le cadre de la mise en œuvre du schéma général d’assainissement qui porte sur la réalisation de 80 km de collecteurs principaux, le recalibrage des principaux oueds, la réhabilitation de 100 km de collecteurs anciens et la réalisation de bassins de retenue et de décantation. La direction compte en finir avec les eaux usées à l’horizon 2012 en les collectant et en les traitant totalement. Tout ou presque a été traité dans le document, mais point de détails sur les difficultés et les retards accusés dans la réalisation des ouvrages.

Rien sur le travail mené par les autres intervenants dans les réseaux d’AEP et d’assainissement comme la  Société des eaux et de l’assainissement d’Alger, SEAAL, et aucun mot sur la gestion et le bilan de cette coopération qui a débuté en 2006. «Rien n’a été dit sur la répartition des tâches et l’effort des intervenant (hydraulique, Société d’assainissement des eaux d’Alger, etc.). Des chevauchements de responsabilités font que les résultats de cet effort ne sont pas souvent perceptibles, puisque les rôles ne sont guère visibles la plupart du temps», relève un élu de l’Assemblée.  

«Il faut un stock stratégique»

Reprenant presque mot à mot les chiffres de la direction de l’hydraulique, la commission de wilaya hasarde des recommandations finales dans son rapport. Il est ainsi recommandé la nécessité d’alimenter H24 les habitants de la ville d’Alger, «dans les plus brefs délais». Mais ce qui ne manquera pas d’intriguer, c’est la recommandation concernant le rejet des matières chimiques dans les oueds et la mer.
Des chiffres sont-ils en possession des élus ? Motus et bouche cousue. Plus burlesque est l’appel lancé par les élus pour mettre en place un «stock stratégique» d’eau potable pour affronter les crises d’eau en été et durant les périodes de sécheresse.
Les élus espèrent faire interdire aussi les opérations de forage de puits, sauf en cas de nécessité absolue et l’arrosage avec les eaux de réseaux d’assainissement les terres agricoles ou ce qu’il en reste. «La ressource souterraine, principale pourvoyeuse d’eau de la wilaya d’Alger durant les années antérieures à 1987, connaîtra un répit dans l’éventualité de sa préservation et de sa régénération», répond la direction de l’hydraulique dans son rapport.   

Categorie(s): alger

Auteur(s): Nadir Iddir

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