Sommet du Conseil de coopération du Golfe : pleins feux sur Téhéran

Elwatan; le Mercredi 26 Decembre 2012
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Les monarchies du Golfe, réunies en conclave annuel à Manama (Bahreïn), se sont séparées sans avoir concrétisé le vœu des Saoudiens, notamment de transformer leur Conseil de coopération (CCG) en union politique et militaire.
Bien que les six royaumes – Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Koweït et Qatar – partagent la même conception (despotique) du gouvernement en interne et les mêmes positions à l’international, des réticences subsistent quant à la nécessité de se fondre dans un moule politique commun.

C’est, une fois de plus, le plus grand ratage de ce sommet du CCG qui n’a pu vaincre les réserves exprimées l’année dernière déjà par le Qatar, notamment sur l’union monétaire. Signe aussi que la fusion monarchique est encore un vœu pieux, le sommet de Manama a brillé par l’absence de quatre des six chefs d’Etat du CCG.En désespoir de cause, les représentants des monarques se sont bornés à donner un coup d’accélérateur au processus d’intégration économique et ont également approuvé un traité de sécurité avec, comme point d’orgue, l’annonce de la création d’un commandement militaire unifié. Mais les préoccupations de ce «syndicat des riches» concernent davantage leur volonté d’immunité leur pays contre «l’invasion» du Printemps arabe. Sur ce point, les six jouent en bloc soudé.

S’immuniser contre le Printemps arabe

Le choix de la tenue de ce sommet dans la capitale du Bahreïn, Manama, en proie à une protestation citoyenne depuis deux années, est en soi un alignement sur la politique répressive de leur ami, le monarque Hamad Ben Issa El Khalifa. C’est une caution nette du CCG pour le traitement musclé des manifestations par ce petit royaume sunnite peuplé d’une majorité chiite. Soutien donc à toute épreuve du monarque, mais surtout critique acerbe contre l’Iran, accusé clairement de vouloir déstabiliser le Bahreïn en s’ingérant dans ses affaires.Sans surprise, les monarchies du CCG ont apporté aussi leur soutien au régime du Bahreïn sans piper mot sur la répression des manifestations.

Le sommet du CCG a ainsi réservé une bonne partie de son communiqué final à l’Iran qu’il invite à «cesser immédiatement et définitivement» ses ingérences dans leurs affaires internes.Particulièrement ferme, le communiqué du CCG exige aussi de Téhéran de renoncer à «toutes les mesures de nature à attiser les tensions et à menacer la sécurité et la stabilité régionales». De la même manière, le groupe des six a dénoncé la poursuite de l’«occupation iranienne de trois îles des Emirats» dans le Golfe et déploré le refus de Téhéran de toute négociation ou arbitrage international sur ce différend.   

Iran-Syrie, double impact

Et pour enfoncer le clou, le CCG a invité Téhéran à «coopérer pleinement» avec l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), et à assurer la sécurité du réacteur de Bouchehr sur le Golfe de manière à éviter tout accident nucléaire.
Les monarques se sont aussi acharnés sur le régime syrien et se disent «profondément attristés» par les violences qui ont fait 44 000 morts en 21 mois, soulignant que «le processus de transition politique doit être accéléré».     
Le CCG a invité la communauté internationale à «agir rapidement pour mettre fin à ces massacres» et à apporter une assistance humanitaire aux civils syriens affectés par le conflit.

Pour ce faire, il a été retenu le principe de confier au Koweït l’organisation, le 30 janvier prochain, d’une conférence internationale des donateurs, selon le communiqué. Aussi, tout en soutenant l’émissaire international, Lakhdar Brahimi, espérant que sa mission contribuera à forger «une entente au sein du Conseil de sécurité de l’ONU», le CCG a reconnu la Coalition nationale syrienne en tant que «représentant légitime du peuple syrien».
 

Categorie(s): international

Auteur(s): Hassan Moali

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