Souk Ahras : La gestion administrative défaillante

Elwatan; le Samedi 2 Avril 2011
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Un bon interlocuteur, au lieu des formules provocatrices et révolues, aurait mis fin aux émeutes de l’emploi qui avaient secoué le chef-lieu de wilaya, il y a deux semaines. «On te parle avec véhémence et il y a bureaucratie là où on t’oriente pour la constitution d’un dossier de recrutement», nous fait savoir un ex-éboueur de l’APC recruté dans le cadre des contrats d’insertion professionnelle (CIP).
Des foyers de contestation qui éclatent çà et là en milieu professionnel sont livrés au pourrissement. On glose sur les cheminots grévistes de la SNTF, on palabre au sujet des émeutiers de Mechroha, H’nencha, Khedara et Sédrata, mais l’on prévoit mal les sentiments d’indignation et de révolte que l’on récolte quand on opte pour des palliatifs. Les représentants des travailleurs des chemins de fer qui avaient pris attache, au douzième jour de leur grève, avec El Watan, ne pouvaient pas contenir leur ras-le-bol, non pas à cause des revendications non satisfaites, mais surtout à cause du dédain dont il faisaient l’objet. «Sommes nous des Algériens à part entière ?», ont-ils déclaré à l’unisson.

Les familles Djekboub et Kadri et une vieille femme de 105 ans, sont jetés à la rue par voie de justice sur la base de documents jugés par certains «fallacieux». Et là, ni le politique ni l’administratif n’interviennent. Larbi Djekboub nous relate une partie de cette rocambolesque affaire: «La personne physique qui a réussi à récupérer la bâtisse, que nous habitions depuis 1947, n’est propriétaire d’aucun bien à travers toute la circonscription de Souk Ahras. Pis encore elle a déposé plainte à partir d’un acte de propriété d’une tierce personne habitant à 500 m de notre maison.» Dans certaines directions l’audience n’est jamais accordée aux humbles gens, ce sont surtout les personnes opulentes et bien introduites qui sont privilégiées. Voici les propos d’un citoyen prénommé Salah: «Il est plus facile de pénétrer dans un ministère que dans certaines structures publiques locales».

Des associations à caractère social, des clubs sportifs, des entités professionnelles, des syndicats et des organes de presse, même s’ils ne sont pas tous en droit de sainteté, se disent privés d’espaces d’expressions. Sans vision politique, la gestion de la wilaya est en passe de basculer vers le détachement de sous-groupes décideurs, sans pôle officiel, et risque de paver le chemin devant la sous-traitance administrative, voire les dépassements.                                                          
 

Categorie(s): actu est

Auteur(s): Abderrahmane Djafri

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