Suite à la signature du protocole d'accord par la direction de la SNTF : Les cheminots satisfaits en dépit des ponctions sur salaire

Elwatan; le Mercredi 19 Mai 2010
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La signature du protocole d'accord, lundi, entre la direction générale de la SNTF et la Fédération nationale des cheminots (FNC), qui concrétise l'application de l'article 52 de la convention collective de branches, aura assurément enchanté les 9200 employés permanents de la SNTF.
«Nous venons de prendre connaissance des détails des augmentations qui seront apportées à compter de ce mois de mai», a déclaré, hier, le porte- parole de la cellule de crise. Pour rappel, comme annoncé dans l'édition d'El Watan d'hier, la majoration des salaires de base sera d'une moyenne globale de 20%, avait confié Noureddine Dakhli, directeur des ressources humaines au sein de l'entreprise. «Cette mesure sera appliquée avec un effet rétroactif à partir de janvier 2010, qui sera versé au courant de l'année en cours», avait-il ajouté. Par ailleurs, ce protocole d'accord comporte l'intégration d'une revalorisation de plusieurs primes et indemnités. Les primes de transport, de salaire unique ainsi que celle de rendement kilométrique seront majorées. En sus, la gratification de fin de carrière connaîtra elle aussi une bonification. Afin de répercuter ces augmentations «substantielles», la SNTF bénéficiera d'une enveloppe supplémentaire qui, même si elle n'a pas encore été précisément fixée, avoisinera les 800 millions de dinars par an.

«L'ensemble des concernés sont vraiment satisfaits. Mais nous sommes, aussi et surtout, très fiers d'avoir eu gain de cause, et de n’avoir pas baissé les bras», affirme un cheminot. Même les ponctions sur salaire décidées par la direction des ressources humaines ne sauraient troubler outre mesure la joie des protestataires. «Ces retraits sont tout à fait justifiés, et c'est la procédure. La direction générale a convenu, après concertation avec une délégation de cheminots, de la possibilité d'effectuer ces ponctions par tranche, de sorte à défalquer à chaque gréviste deux jours de salaire par mois», explique le secrétaire général du syndicat de la gare de l’Agha. «Mais du moment que nous avons réussi à obtenir gain de cause, peu importe le reste !», s'exclame-t-il.

Car, faut-il le rappeler, la grève enclenchée dimanche 9 mai dernier n'a pas été, comme le veut la réglementation, précédée d'un préavis. De même, elle a été jugée illégale, le 12 mai dernier, par le tribunal de Sidi M'hamed, après que la SNTF eut déposé une plainte en référé à l'encontre de ses employés. «Nous sommes les garants de la réglementation et de son application à tous et dans toutes les situations», a, d'ailleurs, déclaré M. Dakhli, hier, au cours d'une conférence de presse. D'autant plus que ce débrayage, qui a duré 8 jours, n'aura pas été sans conséquence sur les activités et les revenus de la SNTF.

Une grève lourde de conséquences

Un manque à gagner direct calculé sur la base de prévisions de transport et avoisinant les 8 millions de dinars par jour aurait été occasionné par la grève des cheminots. Ce qui équivaut à un total de quelque 64 millions de dinars pour toute la durée du débrayage. Et ce, sans compter l'impact négatif enregistré sur les activités des partenaires économiques de l'entreprise, qui auront pâti de l'arrêt d'approvisionnement en minerais, en phosphate, ou encore en carburant. Des pertes qui suscitent nombre d'interrogations au sein du personnel de l'entreprise.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Ghania Lassal

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