Talbi Mohamed, directeur général des libertés publiques au ministère de l’Intérieur : «Aucune entreprise étrangère n’a le marché du passeport biométrique»

Elwatan; le Mercredi 12 Mai 2010
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Le passeport et la carte d’identité nationale biométriques sont l’œuvre du génie algérien !
Ghardaïa.
De notre envoyé spécial

Il n’y a pas de sous-traitant étranger, assure Mohamed Talbi, directeur général des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur. «Certains détracteurs qui ne veulent pas de la modernisation de l’état civil ont dit que le ministère de l’Intérieur avait donné le marché du passeport biométrique à une société étrangère. C’est faux», dément-il. Intervenant lors de l’ouverture, hier à Ghardaïa, de la 4e conférence nationale des cadres de l’administration des Douanes, M. Talbi a voulu clarifier les choses et mettre un terme à la «confusion». Pour lui, c’est simple : ceux qui critiquent le travail du ministère de l’Intérieur sont «ceux qui ont intérêt à ce que l’on continue à fonctionner avec les actuels documents facilement falsifiables». Dans ce sens, M. Talbi parle d’un «nombre effarant» de cas de trafic de documents administratifs, sans donner de chiffres précis. L’intervenant rappelle, à l’occasion, l’objectif de l’introduction du passeport et de la carte d’identité biométriques qui n’est autre, précise-t-il, que «de garantir la sécurité des citoyens algériens à l’intérieur comme à l’étranger».

«Nous travaillons avec des équipes d’ingénieurs algériens, en étroite collaboration avec d’autres institutions, à savoir le ministère de la Défense nationale, la Gendarmerie nationale, la Sûreté nationale et les services de la présidence de la République», souligne-t-il, indiquant qu’il s’agit d’un «projet gouvernemental». Revenant sur la marche à suivre pour obtenir le passeport biométrique, M. Talbi reconnaît que le travail effectué jusque-là demeure perfectible et que des erreurs ont été commises. «Ce qui nous préoccupe pour l’instant, c’est délivrer à nos concitoyens des documents sûrs et hautement sécurisés», clame-t-il. Le nécessaire et indispensable répondant pour l’identification du demandeur «n’est pas une invention algérienne», dit-il, assurant que la même procédure est utilisée dans des pays développés. «Le répondant peut être une sœur, un frère, le père ou la mère, un cousin ou un ami du demandeur qui signe le formulaire, confirmant l’identité de ce même demandeur», fait-il savoir.

Nombreux sont ceux qui trouvent «inutile» cette procédure, puisqu’il est aisé de vérifier l’identité de chaque Algérien en consultant le registre des naissances. Sauf si celui-ci n’est pas fiable ! Ce que ne dit pas M. Talbi. Il affirme, néanmoins, que certains renseignements demandés dans le formulaire, comme des anciens collègues d’école ou du service national, sont facultatifs. Le directeur général des libertés publiques se montre intransigeant en ce qui concerne la reconnaissance faciale, critiquée par les islamistes qui refusent de faire des photos d’identité sans barbe ou sans hidjab. «Les citoyens doivent se faire photographier dans des conditions qui leur permettront de voyager en toute quiétude, sans risque de subir des humiliations au niveau des points de contrôle à l’étranger à cause d’un dysfonctionnement dans l’identification faciale», avertit-il, précisant que les nouvelles mesures d’identification appliquées au niveau des aéroports sont basées sur la photo et l’empreinte digitale. Ne pas respecter ces deux règles, c’est prendre le risque de passer une sale journée dans un aéroport ou autre point de contrôle des passagers.

L’extrait de naissance n°12 spécial, nouvelle exigence pour l’obtention du passeport biométrique, est «un document infalsifiable», affirme le directeur, qui ne sera délivré qu’une seule fois pour chaque personne. Il est, d’après lui, imprimé sur un papier hautement sécurisé selon les techniques utilisées pour les billets de banque. Si on essaie de le «retoucher, il dégagera des substances chimiques qui laisseront des taches indélébiles», garantit l’intervenant. Insistant sur l’aspect de la sécurisation des documents, le directeur des libertés publiques au département de l’Intérieur indique que 63 daïras sont outillées et 4 consulats – Bobigny, Marseille, Montréal et Tunis – pour délivrer le passeport biométrique. L’opération sera élargie à d’autres régions au fur et à mesure que les équipements nécessaires seront installés. Le passeport biométrique aura le même nombre de pages que le passeport traditionnel (28 pages illustrées de sites et monuments historiques algériens). Il contiendra le numéro d’identification national (NIN) composé de 18 chiffres. Le NIN permettra d’avoir un fichier national de la population fiable. Dans le sillage de cette opération de modernisation, l’Algérie compte bientôt commencer à délivrer des visas biométriques. Actuellement, ses consulats s’équipent pour ce faire.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): M. A. O.

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