Tandis que Hollande a enchaîné les déclarations et les discours : Bouteflika, silencieux…

Elwatan; le Samedi 22 Decembre 2012
1


Sur l’estrade, François Hollande est seul derrière le pupitre. Si ce n’était la mention «Alger», en petit caractère, rien ne saurait distinguer cette image de centaine d’autres du chef d’Etat français dans ses face-à-face avec la presse. «L’élément» manquant ? L’hôte du jour, le président Abdelaziz Bouteflika. Comme le veut l’usage lors de visites d’Etat, et d’autant plus lorsqu’elles sont qualifiées d’«historiques», une conférence de presse conjointe est animée par les deux personnalités. Pourtant, le président algérien déroge systématiquement, depuis quelques années, à cette règle.

Et tout au long des étapes de la visite de M. Hollande à Alger, puis à Tlemcen, M. Bouteflika n’aura été audible, ne s’entretenant que par murmures avec les invités de l’Algérie. Tandis que le locataire de l’Elysée enchaînait interviews, entretiens, déclarations et discours devant députés et sénateurs, ainsi qu’à l’université de Tlemcen, et a même animé pas moins de deux conférences de presse en 36 heures, le locataire d’El Mouradia, omniprésent mais absent, aura fait dans la «figuration», et n’a fait aucune déclaration à la presse.
M. Hollande a ainsi pu expliquer aux Français, notamment hier matin sur Europe 1, et s’exprimer en long et en large sur son périple, ses enjeux et ses succès, les relations franco-algériennes, l’histoire et l’actualité, sans que l’opinion publique algérienne entende la version algérienne de cette visite, ou que les citoyens algériens sachent si les vues françaises sont partagées par l’Algérie. Surprise ?

Evidemment non, tant le président Bouteflika ne parle plus. S’il y a quelques années il se prêtait volontiers au jeu des médias, de préférence internationaux, aujourd’hui, le président de la République est inaccessible à la presse.
En près d’une décennie, aucune rencontre avec les journalistes, de rares discours à la nation, mais paradoxalement, une «surmédiatisation» de ses activités. M. Hollande avait, lors de son premier point presse, dit : «(…) le président Bouteflika, mais vous l’interrogerez (….)» Non, les Algériens attendront de le lire dans des médias, de préférence internationaux…
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Ghania Lassal

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..