Tournée maghrébine du président tunisien Moncef Marzouki : La relance de l’UMA au menu

Elwatan; le Mercredi 8 Fevrier 2012
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L’objectif de ce périple diplomatique est de relancer le processus d’union maghrébine. En fonction depuis sept semaines,
M. Marzouki sera reçu à Rabat par le roi Mohammed VI. «Cette tournée vise à réanimer l’Union du Maghreb arabe (UMA : Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) à travers la tenue d’un sommet que la Tunisie se propose d’accueillir», a indiqué son porte-parole, Adane Moncer, dans une déclaration rapportée par l’Agence France presse (AFP). Une rencontre des chefs d’Etat permettrait «un retour en force» de l’UMA, a ajouté le même responsable, précisant que le président tunisien avait déjà abordé le sujet avec le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, au sommet de l’Union africaine, fin janvier à Addis-Abeba.

Ancien opposant à Ben Ali et défenseur des droits de l’homme, Moncef Marzouki plaide pour un «Maghreb des libertés» dont les ressortissants auront le droit de circuler, résider, investir ou devenir propriétaire. «2012 sera l’année du Maghreb», s’enthousiasme-t-il, invitant les Maghrébins «à rêver» d’un espace ouvert, sur le modèle de l’Union européenne. «Faire du règlement de la question du Sahara occidental un préalable est devenu anachronique», a dit le porte-parole, soulignant la nécessité, aux yeux de
M. Marzouki, de contourner la question pour «créer un nouveau Maghreb» dans le contexte politique changé dans la région. L’UMA doit faire l’objet d’une réunion ministérielle fin février à Rabat,  avant un éventuel sommet que la Tunisie souhaite accueillir. L’insécurité, la contrebande, le trafic d’armes seront autant de préoccupations au menu des discussions du président tunisien Marzouki avec ses homologues maghrébins. «La réactivation de l’UMA devrait permettre la mise en route d’une politique sécuritaire commune entre les pays qui la composent», a indiqué Adane Moncer.

Depuis la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011, la Tunisie est confrontée à l’insécurité sur ses frontières, notamment à la frontière avec la Libye, premier partenaire économique de la Tunisie au Maghreb. C’est la raison pour laquelle Moncef Marzouki a d’ailleurs consacré à Tripoli sa première visite à l’étranger, début janvier. Beaucoup de problèmes se posent de ce côté-là des frontières tunisiennes. Des accrochages sanglants ont eu lieu, début février, dans le Sud-Est tunisien, avec un groupe armé qui transportait des armes en provenance de Libye, selon des sources militaires. En plus des défis sécuritaires auxquels il va falloir qu’elle trouve des solutions, la Tunisie éprouve aussi du mal à relancer sa machine économique qui fonctionne essentiellement grâce au tourisme. Sans doute que l’euphorique président tunisien Moncef Marzouki pense trouver une partie de la solution dans l’intégration maghrébine à laquelle il appelle de tous ses vœux.      

Categorie(s): international

Auteur(s): Said Rabia

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