Tunisie : grève des magistrats pour dénoncer l’ingérence du pouvoir

Elwatan; le Mercredi 20 Novembre 2013
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La grève, menée à l’appel du Syndicat des magistrats tunisiens (SMT) et du conseil national de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), vise «à unir les rangs des magistrats en cette phase cruciale, le corps subissant une offensive visant son indépendance», a dénoncé le SMT dans un communiqué. L’AMT a, de son côté, appelé à la grève «pour faire front face à l’offensive menée contre la magistrature dans le but de la domestiquer». «Il faut que le pouvoir exécutif cesse de se mêler des affaires de la magistrature», a déclaré à l’AFP la présidente du SMT, Raoudha Laâbidi, en dénonçant sa «volonté de contrôler la justice».

Le 14 novembre, les magistrats avaient déjà observé une grève de deux heures pour protester contre l’«ingérence des autorités» dirigées par le parti islamiste Ennahdha, au pouvoir depuis octobre 2011. Les organisations professionnelles critiquent depuis l’année dernière les nominations et mutations, jugées abusives ou partisanes. Le gouvernement dirigé par Ennahdha rejette systématiquement ces accusations. Le ministère de la Justice, contacté hier par l’AFP, s’est refusé à tout commentaire sur le débrayage. Aucune information n’a, par ailleurs, été donnée sur l’ampleur de la grève.

La justice tunisienne était largement sous le contrôle du régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali et constituait l’un de ses instruments pour réprimer l’opposition, en particulier les islamistes d’Ennahdha. Mme Laâbidi accuse les nouveaux dirigeants d’user des «mêmes méthodes que celles qui ont servi Ben Ali». Depuis la révolution de janvier 2011, aucune réforme d’ampleur n’a été menée au sein de la justice et des forces de l’ordre.
 

Categorie(s): international

Auteur(s): AFP

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