Un nouveau chapitre, une phase historique dans les relations algéro-françaises : François hollande aujourd’hui en Algérie : Leçons du passé, attentes pour l’avenir

Elwatan; le Mercredi 19 Decembre 2012
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Paris.
De notre correspondante
 

Tout ce qui concerne l’histoire de l’Algérie pourrait se discuter, mais l’essentiel pour le moment c’est de se tourner vers le futur», a indiqué lundi soir le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, invité du journal de la nuit de France 3, alors que la présentatrice lui demandait quel geste fort l’Algérie attendait de François Hollande.

«N’est-il pas temps de faire du passé table rase et de faire de l’Algérie et de la France en Méditerranée ce que la France et l’Allemagne sont à l’Europe ?», enchaîne le journaliste politique de la chaîne. «Je suis d’accord avec vous. Nous sommes dans une phase historique où nous sommes prêts à ouvrir un chapitre nouveau. Nous ne pouvons pas oublier notre passé. Tous les Algériens sont fiers de leur passé, de leur guerre de Libération nationale. Nous venons de fêter avec éclat le cinquantième anniversaire du recouvrement de l’indépendance nationale en toute sérénité», a répondu le Premier ministre algérien. Et les journalistes d’insister : «Il n’y aura pas d’exigence de repentance de la part de la France lors de cette visite ? Vous ne demanderez pas cela à François Hollande ? «Ce n’est plus sur la table ?»

«Nous nous inscrivons dans une nouvelle phase historique», reprend le Premier ministre, M. Sellal. «On doit se remémorer notre passé, c’est une chose claire, nette et précise, mais l’essentiel c’est de construire l’avenir et c’est ce qui est le plus important. Il ne faut plus qu’on reste dans les concepts éculés, il nous faut construire et bâtir définitivement entre nos deux pays, puisque beaucoup de choses sont là, entre nous. Il faut absolument voir l’avenir, essayer d’avancer et c’est ce qui va se faire. Vous allez voir au moment de cette visite que le Président français sera très bien accueilli en Algérie, il aura en face de lui un peuple chaleureux, hospitalier, un Président sage et clairvoyant et nous allons essayer d’aboutir à un pacte d’amitié et de coopération qui va construire le futur. C’est cela l’essentiel de cette visite et c’est ce qu’il faut absolument retenir.»

Sur la question de la sécurité au Nord-Mali, «est-ce que vous pensez que la France et l’Algérie peuvent s’engager ensemble pour éradiquer le salafisme, tout ce terrorisme avec AQMI et épauler les forces panafricaines sur le terrain ?» «Concernant la question du Sahel, nous sommes totalement d’accord sur le plan des objectifs avec la vision française. La question n’est pas là. Nous avons nos propres principes fondamentaux, on ne s’ingère pas et on ne pénètre pas dans un pays voisin ou dans un autre pays. Nous avons notre vision, qui est d’essayer par le dialogue d’isoler le mouvement nationaliste des mouvements terroristes, d’essayer de renforcer le pouvoir central au Mali, de régler aussi le problème humanitaire. Et alors, nous nous mettrons tous ensemble pour éradiquer les terroristes. Sachez que l’Algérie a pris ses responsabilités dans cette affaire.»

Et de rappeler qu’au moment de la décennie noire, l’Algérie était seule à lutter contre le terrorisme et ce n’est qu’après le 11 septembre 2001 que le monde entier a découvert ce fléau, alors qu’il était interrogé sur l’interruption du processus électoral en Algérie en 1991 et sur la poussée islamiste en Tunisie et en Egypte, 21 ans après, qui pourrait «inquiéter l’Algérie». Commentant l’avènement de ce qui a été qualifié de Printemps arabe, M. Sellal a estimé que «chaque peuple assume son destin» et aussi : «Nous sommes contents quand la démocratie s’installe. Je pense qu’il faut laisser un peu de temps au temps avant de trancher définitivement cette question.»
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nadjia Bouzeghrane

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