Une dizaine de morts à Damas et Deraa : Le régime syrien tire sur les manifestants

Elwatan; le Samedi 2 Avril 2011
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Les manifestations ont eu lieu à l’appel d’opposants déçus par le fait que le président Bachar Al Assad n’ait annoncé aucune réforme majeure face à la contestation sans précédent lancée le 15 mars contre son régime.
Pour la première fois depuis le début du mouvement, des défilés ont eu lieu dans la région à majorité kurde du Nord, alors que les autorités ont annoncé leur intention d’examiner la situation de quelque 300 000 Kurdes qui se sont vus dénier la nationalité syrienne depuis un demi-siècle.A Douma, à 15 km au nord de Damas, des manifestants qui sortaient d’une mosquée ont jeté des pierres sur les policiers qui ont riposté en tirant à balles réelles, a déclaré un témoin joint par téléphone. Au moins huit personnes ont été tuées, a-t-il ajouté, en prévenant que le bilan pourrait dépasser les dix morts. «Des dizaines de personnes ont été blessées et des dizaines d’autres arrêtées.»

Un responsable syrien, interrogé par l’AFP, n’a pas été en mesure de confirmer s’il y avait eu des morts.
A Sanamein, près de Deraa, épicentre de la contestation, à 100 km au sud de Damas, un jeune homme de 20 ans a été tué par des tirs des forces de l’ordre, a dit un militant des droits de l’homme. Il faisait partie de manifestants venant de villages proches sur lesquels la police a tiré pour les disperser.

Les Kurdes entrent en scène

A Deraa, des fidèles ont manifesté devant le palais de justice aux cris de «La mort plutôt que l’humiliation». Depuis le 18 mars, la violence à Deraa a fait 30 morts selon les autorités ; entre 55 et 70 selon des organisations internationales de défense des droits de l’homme ; 130 selon des militants sur place. L’agence officielle syrienne Sana a confirmé que des manifestations avaient eu lieu «près de certaines mosquées» à Deraa et à Lattaquié (nord-ouest), où les participants ont rendu hommage aux «martyrs» et appelé «à accélérer les réformes». Selon l’agence, les forces de sécurité ne sont pas intervenues. Pour la première fois dans le Nord kurde, plusieurs centaines de personnes ont manifesté pacifiquement à Qamishli, Amouda et Hassaké, en scandant «Nous ne voulons pas seulement la nationalité mais aussi la liberté» et «Dieu, la Syrie et la liberté», selon des témoins.

Dans un message vidéo posté sur internet, le défenseur syrien des droits de l’homme Haytham Maleh a appelé «les Syriens à continuer à mettre la pression sur le pouvoir pour obtenir satisfaction de leurs revendications indispensables».Mercredi, M. Al Assad a affirmé que son pays était confronté à une «conspiration» et n’a pas proclamé la fin de l’état d’urgence en vigueur depuis 1963. Des juristes ont néanmoins été chargés de rédiger, d’ici au 25 avril, une nouvelle législation pour remplacer cette loi d’urgence.

Categorie(s): l'événement

Auteur(s): Rédaction internationale

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