Une fin d’année scolaire catastrophique : L’échec reconduit

Elwatan; le Lundi 17 Mai 2010
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L‘optimise béat affiché par le ministre de l’Education nationale à la rentrée scolaire, en septembre 2009, est balayé par une fin d’année catastrophique.
Programme non achevé et année écourtée. Cela devient une règle à l’Education nationale. Il ne se passe pas une année scolaire sans que la pédagogie soit sérieusement perturbée. Enseignants et pédagogues sont unanimes à dire que l’année scolaire, qui se termine avant l’heure, est des plus perturbées avec des conséquences désastreuses sur le rendement des élèves. Les parents sont dans un désarroi total et cachent mal leur inquiétude. Nombreux parmi eux se sont plaints de la manière avec laquelle le ministère a expédié «les affaires» scolaires. Les élèves, quant à eux, en plus des pressions à la veille des examens, ils subiront une fin d’année houleuse. Le porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie, Idir Achour, a assuré que «l’année scolaire qui devrait se terminer le 30 mai est écourtée alors que cette année scolaire a connu une série de grèves, et du coup, pas moins de 40% du programme scolaire n’est pas achevé».

Certains enseignants sont obligés de faire dans la précipitation pour pouvoir rattraper, un tant soit peu, un retard énorme. «La technique consiste à compiler le reste du programme dans des polycopes qu’on remet aux élèves. Car dans beaucoup de cas, les enseignants sont sommés par l’administration d’achever le programme. Le recours aux polycopes est une méthode très mauvaise», a ajouté le porte-parole du CLA. C’est un avis que partagent les pédagogues. «Il fallait réagir au bon moment. Il y avait urgence de réunir un groupe de professeurs et de pédagogues afin de dégager l’essentiel du programme à enseigner et supprimer tout ce qui est considéré comme une surcharge pédagogique, d’autant plus qu’on savait qu’il est quasiment impossible de finir les programmes prévus initialement alors que la saison est marquée par des mouvements de grève», a assuré un pédagogue. Mais au ministère de l’Education nationale, il semble que les spécialistes et experts ne sont pas très écoutés et leurs propositions ne trouvent pas preneur. Boubekeur Benbouzid «n’aime pas beaucoup les experts et les pédagogues», nous dit-on dans le milieu scolaire. La conséquence : «On fait semblant de sauver l’année, mais au fond tout le monde sait qu’on a plutôt bricolé l’année scolaire», a attesté un autre pédagogue.

Sans doute, Benbouzid fera semblant d’avoir réussi son pari en affichant des résultats satisfaisants en termes de chiffres et de pourcentages de réussite. Pour les élèves de 5e, un examen de rattrapage est prévu fin juin pour «accorder» une deuxième chance aux recalés. «Mais cela va être des pourcentages politiques, sans que cela ne reflète le vrai niveau des élèves et sans réelle valeur scientifique des diplômes. Nous allons voir que les examens, pour les différents paliers, seront d’un niveau très faible et faciles, pouvant assurer une réussite d’un nombre important de candidats», a attesté notre pédagogue. Et avec cette façon de faire, c’est assurer «la régression permanente du niveau des élèves et de la qualité de l’enseignement, et, du coup, c’est tout le système éducatif qui s’embourbe davantage dans l’anti-pédagogie», a averti un ancien conseiller au ministère de l’Education nationale. Ainsi, à l’Education nationale, les années scolaires se suivent et se ressemblent en faillite.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hacen Ouali

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