Une liste de candidatures cousue main ?

Elwatan; le Mercredi 4 Mars 2009
1


En dehors de Bouteflika et de Louisa Hanoune, dont la validation de leur candidature par le Conseil constitutionnel ne faisait pas l'ombre d'un doute, les quatre autres candidats retenus : Fawzi Rebaïne de Ahd 54, Djahid Younsi d'Ennahda, Moussa Touati du FNA et Mohamed Saïd (indépendant) avaient à leur actif des appareils et des réseaux pour soutenir leurs candidatures respectives et passer sans encombre le cap du Conseil constitutionnel. Mais il faut rappeler qu'en d'autres temps, d'autres candidatures de poids comme celles de Ghozali et de Rédha Malek, lesquels jouissent pourtant d'un incontestable capital de sympathie au sein de l'opinion et de vastes réseaux de relations tissés tout au long de leur parcours politique avaient trébuché devant le seuil du Conseil constitutionnel qui avait invalidé leurs candidatures. Sans douter des capacités du quarteron de candidats qui ont reçu le quitus du Conseil constitutionnel, il demeure que les conditions politiques dans lesquelles se tiendra la prochaine élection présidentielle boycottée par une partie de la classe politique ont créé un climat de suspicion vis-à-vis des institutions du pays. Les candidats éjectés qui avaient affiché devant les caméras de la télévision des mines réjouies empreintes de confiance et de sérénité crieront immanquablement à l'imposture et à l'épuration politique. Ou se résigneront au silence pour ceux qui avaient exclusivement un rôle de chauffer le bendir en meublant le décor de la scène électorale qui brille par sa morosité et son incapacité à mobiliser la classe politique et l'électorat. Dans la perspective de l'élection présidentielle d'avril prochain, le pouvoir a concédé de nouvelles concessions en édictant de nouvelles dispositions en vue de garantir une meilleure surveillance du scrutin.

C'est une bonne chose même si l'expérience a montré que toutes les mesures prises déjà par le passé pour renforcer le dispositif de surveillance de l'élection se sont avérées de nul effet devant la machine infernale à frauder qui est une règle non écrite de la loi électorale. Faudrait-il alors ouvrir les secrets d'alcôve du Conseil constitutionnel aux candidats en leur permettant, sans interférer dans la mission des membres de l'institution, de suivre la traçabilité de leurs dossiers ? Par la mise en place, en amont, de mécanismes participatifs de contrôle du traitement administratif de leurs candidatures. La décrédibilisation des institutions nourrit le doute même là où il n'y en a pas. Les candidats heureux qui ont passé avec succès l'examen de passage du Conseil constitutionnel n'y échapperont pas aux commentaires et interrogations d'usage en pareille circonstance. N'a-t-on pas aidé certains candidats à franchir l'écueil du Conseil constitutionnel pour compenser les défections des candidatures qui pouvaient apporter un sens et du crédit à ce scrutin ? La question demeure posée au sein de l'opinion et d'une partie de la classe politique. A défaut de candidatures de poids qui crédibiliseraient l'élection d'avril prochain, le pouvoir oppose cette fois-ci aux boycotteurs-sceptiques la supposée représentativité populaire.
Simple effet du hasard : dans le spectre des candidats retenus qui vont «affronter» Bouteflika, on découvre un savant dosage du microcosme politique et des courants dont l'influence n'est pas toujours prouvée pour la plupart d'entre eux. De la candidature proclamée des travailleurs et de l'Algérie d'en bas, à la «famille révolutionnaire», en passant par la représentation des islamistes, du courant qui se présente sous l'étiquette nationaliste et enfin du candidat nourri aux idées du panarabisme. La boucle est bouclée.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Omar Berbiche

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..