Une peine de 6 mois de prison avec sursis : 43 gardes communaux condamnés hier

Elwatan; le Jeudi 27 Decembre 2012
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Les 43 gardes communaux sont poursuivis pour «attroupement armé, agression contre des agents de police et fermeture de la voie publique», selon les dispositions des articles 97, 98, 144 et 444 bis du code pénal. La défense des gardes communaux a été assurée par 3 avocats de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH aile Benissad) et 3 autres issus du Réseau des avocats pour la défense des droits de l’homme (RADDH).

Avant le verdict, les avocats des gardes communaux ont relevé, lors de la plaidoirie, des anomalies dans les charges d’accusation. Pour maître Amine Sidhoum, «il y a non-respect de l’article 97 qui définit l’attroupement armé et celui qui définit les éléments constitutifs de l’infraction». Et d’expliquer : «La réquisition de la wilaya d’Alger a été signifiée par le secrétaire général de la wilaya, alors qu’il n’est pas habilité à le faire. C’est le wali d’Alger qui peut ordonner à la force publique d’intervenir.» En outre, les avocats affirment que «les 34 policiers blessés n’ont jamais été auditionnés, puisque aucun document ne le prouve et aucun certificat médical n’a été établi pour prouver l’acte d’agression».
Dans ce sillage, les mêmes défenseurs indiquent que «l’accusation de fermeture de la voie publique n’est pas véridique, puisque ce sont les policiers qui ont bloqué la circulation». «Les gardes communaux marchaient en bordure de l’autoroute et une fois arrivés près de Birkhadem, ce sont les agents de la police qui ont bloqué la circulation», soutient

Me Dabouz. Me Sid Ali  Boudiaf estime de son côté qu’«il est malheureux de constater, en 2012, la poursuite par la justice algérienne de patriotes qui ont combattu le terrorisme durant les années 1990». «Ils ont tout abandonné pour leur patrie, ils ne méritent pas ce sort», dit-il. Me Salah Dabouz revient à la charge et rappelle que «les gardes communaux se sont déplacés de Blida sans leurs armes, pour que la marche se déroule d’une manière pacifiques et sans incident, afin de faire valoir leurs droits et concrétiser leur charte de revendications». Sur un autre chapitre, il ajoute que «l’interdiction de la marche en direction d’Alger ne figure pas dans la note signée par le secrétaire général de la wilaya». Notons que dans la matinée, plus d’une centaine de gardes communaux se sont rassemblés devant le tribunal de Bir Mourad Raïs pour apporter un soutien moral et indéfectible à leurs collègues. Selon Ali Lahlou, l’un des délégués nationaux, «les autorités veulent, à travers ce procès, nous réduire au silence et à abandonner notre lutte pour arracher nos droits les plus élémentaires».
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mehdi Bsikri

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