Vahid Halilhodzic. Sélectionneur national : «On n’a pas le droit de rater la qualification»

Elwatan; le Samedi 16 Novembre 2013
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Une rencontre, l’ultime avant le Mondial, où l’Algérie a besoin d’une victoire pour accrocher une quatrième qualification.
D’emblée, le technicien bosnien abordera l’état d’esprit du groupe qu’il qualifiera d’«excellent», en annonçant : «Je n’ai jamais était motivé avec la rage de vaincre particulière comme cette fois-ci. C’est vraiment très spécial pour moi, car je ne suis jamais allé à un Mondial, malgré les titres et les événements sportifs auxquels j’ai pris part, aussi bien en tant que joueur que comme entraîneur. Ce match face au Burkina est historique et c’est pour cela que j’y travaille depuis 29 mois.» Et d’ajouter : «Il y a une ambiance très décontractée dans le groupe, on chante et on danse, mais il y a beaucoup de sérénité et de responsabilité, car on sait ce que la jeunesse algérienne, et même au sommet de l’Etat, on attend beaucoup de nous. D’ailleurs, on a été très touchés par la visite du Premier ministre et le message du président de la République», explique le Bosnien. Et de lâcher : «C’est le match le plus important de ma carrière. On n’a pas le droit de rater cette qualification.»

Halilhodzic, qui axera beaucoup plus son intervention sur la défaite au match aller à Ouagadougou (3-2), en évitant souvent de focaliser sur cette joute retour, notamment sur le fait qu’un éventuel échec est possible, estimera par ailleurs que la clé de ce match, aussi étrange que cela puisse paraître, est dans la solidité de sa défense «Je n’arrive toujours pas à digérer cette défaite de l’aller, qui s’est faite avec l’aide de l’arbitre. Mais j’étais aussi très en colère contre mes joueurs, notamment la défense, car on aurait dû aisément éviter au moins deux des trois buts encaissés à ce niveau de la compétition. C’est la première fois qu’on encaisse trois buts.» Et d’enchaîner concernant la clé du match : «A mon sens, elle réside dans la discipline défensive. On ne doit pas encaisser, alors qu’en attaque, on a l’habitude de marquer deux buts en moyenne par match. On avait, certes, raté plusieurs occasions nettes à l’aller, mais cela prouve aussi qu’il y a du jeu qui est fait juste derrière.» Le Bosnien ajoute : «Je reste très confiant et je ne songe même pas à l’élimination. Les joueurs donneront le maximum pour aller au pays du football.»


«Aucun de mes joueurs n’est prêt à 100%»


Abordant le match lui-même, notamment la forme de ses joueurs, en particulier celle des expatriés dont la plupart accusent un retard terrible sur le plan de la compétition, le technicien bosnien corrobore ce constat en étant le premier à avoir choisi ses capés. «A l’heure où je vous parle, aucun des joueurs sous ma coupe n’est prêt à 100%, la plupart ne sont pas très compétitifs déjà avec leurs clubs. Rien ne peut remplacer la compétition, mais on ne peut rien y faire. Ce sont toutefois mes choix et c’est facile de les critiquer. J’ai même dit et répété que j’ai pris des décisions comme jamais dans ma carrière d’entraîneur. Cela reste toutefois mon boulot et je sais que l’expérience et la détermination feront la différence», explique le technicien bosnien. Concernant la composante du onze qu’il alignera mardi, notamment en l’absence de Guedioura et Belkalem, suspendus, le sélectionneur national annonce qu’il a une idée assez précise, et ce, depuis le match aller : «J’ai mon onze, mais j’ai aussi plusieurs plans de jeu. Il y aura de bien meilleures conditions à Blida que lors du match de Ouagadougou. Et physiquement, les joueurs vont beaucoup mieux et les tests effectués le prouvent», s’est réjoui le Bosnien, qui ne manquera pas d’expliquer quelques choix, à l’image de M’bolhi, qui ne joue pas dans son club, mais aussi la convocation de Djebbour en lieu et place de Aoudia, en passant par Mesbah et d’autres joueurs. «Je dis juste que personne ne doit influencer mes choix et j’opterai pour que ce que j’estimerai bon pour la sélection», a précisé le Bosnien.


«Notre adversaire a beaucoup progressé»


Pour ce qui est de l’adversaire du jour, le Burkina Faso, le sélectionneur national explique qu’il suit les Etalons depuis quelque temps. «Cela fait deux ou trois ans que je regarde les matchs du Burkina. Il y a une nette évolution du jeu de cette équipe, construite à la base de nouveaux joueurs. Elle a beaucoup progressé et évolué, tout en prenant confiance. Elle a même failli gagner la dernière CAN. On affronte un finaliste de la CAN, il ne faut pas l’oublier. C’est loin d’être une petite équipe. Elle est coriace, combative et disciplinée dans son jeu, avec deux façons de jouer : une à domicile et l’autre en déplacement. Elle recèle beaucoup d’individualités qui peuvent faire la différence», estime le Bosnien. Et de conclure : «C’est un match très spécial. Le Burkina misera sur un exploit individuel, mais nous notre force reste l’exploit collectif.»
 

Categorie(s): sports

Auteur(s): Tarek Aït Sellamet

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