Vivent les mariés !

Elwatan; le Samedi 15 Mai 2010
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Notre littérature orale ou écrite, notre cinéma ou notre théâtre ont traité parfois du mariage et, tandis que s’amorce la saison nuptiale (encore que certains affirment qu’avec le Mondial, elle serait différée), nous revient à l’esprit ce que Sacha Guitry se plaisait à désigner comme «la meilleure façon de régler à deux les problèmes que l’on n’aurait jamais eu seuls». La littérature et les arts de la scène ont pour vocation de poser les problèmes de la société. C’est donc souvent sous l’angle critique que le mariage a été abordé : unions arrangées ou forcées, interdiction de l’amour pour des raisons d’argent, de pouvoir ou de rigorisme, drames du divorce, etc. On se souvient notamment de l’héroïne du roman de Abdelhamid Benhadougga, Le Vent du Sud, popularisé à l’écran par Slim Riad en 1975.

Nafissa, jeune et belle étudiante, en vacances dans son village, doit s’enfuir pour échapper à un mariage forcé, fondé sur de vils intérêts. Et ces concerts privés de musique lors des mariages qui ont connu parfois des situations aussi paradoxales que terribles, avec des mariées pleurant leur sort en écoutant, de derrière les volets, un chant sublimant l’amour !
Le thème du mariage n’a pourtant pas assez été exploité par les arts ni assez traité par les sciences humaines, alors même que les stratégies matrimoniales sont des indicateurs précieux des tendances sociétales. Dis-moi comment tu te maries et je te dirai qui tu es. Comment, pourquoi et avec qui, faut-il compléter. Dimanche dernier, dans ces colonnes, notre consœur, Amel Blidi, révélait qu’en Algérie, un mariage sur trois se concluait par un divorce. Il y a là en tout cas matière à réfléchir et, pour les arts, une source d’inspiration.

Ceux des sociétés occidentales ne s’en privent pas, alors même qu’en leur sein, le mariage a changé radicalement de statut. Des classiques, tel Roméo et Juliette, aux comédies modernes comme Quatre mariages et un enterrement, la gamme d’œuvres qui ont traité du mariage, ou l’ont utilisé comme trame de fond, est immense. Il n’est pas un Algérien par exemple qui ignore la formule si plaisante des pasteurs, popularisée par les westerns : Si quelqu’un s’oppose à ce mariage, qu’il prenne la parole maintenant ou qu’il se taise à jamais !

Pour leur part, nos créateurs ont bien tort de ne pas exploiter ce sujet, énorme préoccupation des jeunes, tiraillés entre le choix du partenaire, le recul de l’âge de la nuptialité et les graves problèmes sexuels connexes, le poids d’exigences financières terribles, des pratiques étrangères aux traditions séculaires, etc. Il y a là de quoi dire et exprimer en notant au passage que les fêtes de mariage demeurent la première manifestation culturelle de notre société !
Cela dit, enfin, il existe des mariages d’amour, de plus en plus, semble-t-il, qui bousculent les pesanteurs, les préjugés et les différences. Allez, va, que du bonheur, et vivent les mariés !

Categorie(s): arts et lettres

Auteur(s): Ameziane Ferhani

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