Yamina Benguigui, Ministre de la Francophonie : «La langue française a largué les oripeaux du colonialisme»

Elwatan; le Mardi 25 Decembre 2012
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Paris
De notre correspondant

La visite de Hollande en Algérie a marqué un tournant radical, efficace dans les relations entre les deux pays. Celles-ci sont résolument tournées vers l’avenir», a jugé la ministre qui a senti «que quelque chose de très important s’est passé, cette fois-ci, entre Alger et Paris.» Et d’avouer que ce qui a été très palpable lors de ce voyage, c’est la confiance qui y a régné. S’agissant de la colonisation, Yamina Benguigui, citant le président français, croit judicieux de laisser cette question aux historiens des deux rives pour qu’ils travaillent et disent la vérité. Ces mémoires doivent être ensuite, selon elle, enregistrées et actées des deux côtés.

«Il faut avancer. J’ai toujours dit qu’il nous fallait travailler sur la mémoire pour investir le futur. Et cette mémoire ne doit pas nous faire régresser constamment dans notre évolution», a ajouté Mme Benguigui. Concernant la place de la langue française en Algérie, la ministre chargée de la Francophonie s’est félicitée de son dynamisme et de sa forte présence parmi la population. «Certes la langue arabe demeure une langue maternelle. Mais la langue française est actuellement la première langue étrangère parlée en Algérie», a-t-elle expliqué. «L’Algérie est un pays réellement francophone. D’ailleurs, dans les accords-cadres, signés par les ministres  des Affaires étrangères français et algérien, Laurent Fabius et Mourad Medelci, figure la question de la formation des formateurs de la langue française.»

Le français, une langue «solidaire et égalitaire»

Pour Yamina Benguigui apprendre à maîtriser le français ne peut être que bénéfique pour les Algériens, puisqu’il leur permettra d’être mobiles dans tout l’espace francophone. Et d’enchaîner que la langue française s’est définitivement débarrassée des oripeaux du colonialisme. Elle est devenue selon la ministre, une langue «égalitaire». Plus que cela, elle n’appartient plus à la France, mais à l’espace francophone dont fait partie d’ailleurs l’Algérie. Pour ce qui est de la déception affichée par les Pieds-noirs et les harkis, vis-à-vis du discours de François Hollande prononcé devant le Parlement algérien, Yamina Benguigui a fait comprendre que lorsque le président français a évoqué les souffrances et les douleurs, il n’a pas désigné uniquement les Algériens, mais tous ceux qui ont une relation avec l’Algérie.

«Quand Hollande a parlé de douleurs, il savait à quel point la France avait sur son sol plusieurs composantes qui sont en souffrance». Et d’évoquer les travailleurs immigrés qui ont dédié leur jeunesse et leur force à la France. Ces hommes qui, selon la ministre de la Francophonie, n’ont pas fait le choix d’être ici ou là-bas, ces «héros» oubliés de tout le monde, mais qui doivent avoir les visas facilement au nom de ce qu’ils ont donné à la France.

 

Categorie(s): france-actu

Auteur(s): Yacine Farah

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