Yémen : Les négociations entre le régime et les contestataires dans l’impasse

Elwatan; le Mercredi 30 Mars 2011
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«Je dis à ceux qui demandent aux autres de partir : c’est à eux de s’en aller, c’est aux agents stipendiés de quitter le pays», a lancé à l’adresse de l’opposition Abdallah Saleh. «Ceux qui veulent le pouvoir doivent se diriger vers les urnes, et si le peuple leur accorde sa confiance, nous leur remettrons le pouvoir», a-t-il ajouté, dans une nouvelle indication de son refus d’un départ anticipé.
Le chef de l’Etat est confronté depuis fin janvier à un mouvement de contestation populaire réclamant son départ et qui s’est accentué après la mort le 18 mars de 52 manifestants par des tirs attribués à ses partisans. Il a perdu le soutien d’une partie de l’armée, de puissantes tribus et d’importants dignitaires religieux.


Lundi dernier, le propre gendre du président, Yahya Mohammad Ismaïl, a rejoint les protestataires qui campent sur la place de l’Université à Sanaa depuis le 21 février et leur a proclamé son appui. «J’appelle les gens honnêtes à rallier le sit-in sur la place du Changement», a déclaré le commandant de bord Ismaïl, pilote privé du président, dont il a épousé l’une des filles. Une dizaine d’officiers ont annoncé le même jour leur ralliement aux contestataires sur la place, comme l’a fait le 21 mars le général Ali Mohsen Al Ahmar, commandant de la région nord-est et de la première division blindée, considéré comme un rival potentiel du président. Selon l’opposition, les discussions pour un départ négocié de Abdallah Saleh ont échoué. «Les négociations sont interrompues depuis jeudi dernier. Le président se dérobe à tous ses engagements et il est inutile de négocier avec lui», a affirmé le porte-parole de l’opposition parlementaire, Mohammad   Al Sabri.
L’une des formules envisagées consiste en un transfert du pouvoir à un conseil présidentiel de cinq membres, dont le général Ali Mohsen Al Ahmar.

Des sources proches de l’officier, ce dernier a rencontré lundi l’ambassadeur des Etats-Unis au Yémen, Gerald Feierstein, sans que rien n’ait filtré de leur entretien. Le porte-parole de l’opposition a par ailleurs critiqué les propos du secrétaire américain à la Défense Robert Gates, selon lequel la chute du président Saleh ou son remplacement par un gouvernement «plus faible» poserait un «vrai problème» pour les Etats-Unis dans la lutte contre Al Qaîda. «En agitant le spectre d’Al Qaîda, ces déclarations des Etats-Unis encouragent le régime», a affirmé Mohammad Sabri. «La branche la plus active et peut-être la plus agressive d’Al Qaîda, Al Qaîda dans la péninsule arabique (AQPA), agit depuis le Yémen et nous menons une coopération antiterroriste avec le président Saleh et les services de sécurité yéménites», a affirmé dimanche dernier Robert Gates. 

Categorie(s): l'événement

Auteur(s): Rédaction internationale

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