1ER CONGRÈS DE L’ORDRE NATIONAL DES EXPERTS COMPTABLES ALGÉRIENS: «Accompagner n’est pas contrôler»

Lesoir; le Mercredi 12 Decembre 2012
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Une réforme pour suivre l’évolution comptable mondiale notamment IAS (International Accounting Standard) et IFRS (International Financial Report Standard).
Sous le thème : «l’expert-comptable partenaire de l’entreprise », se
tient ces 11 et 12 décembre l’assemblée générale de l’Ordre national des
experts-comptables algériens présidée par Akli Toudert. A défaut du
ministre des Finances, Karim Djoudi, c’est son secrétaire général Boutab
Miloud qui fera un bref discours dans lequel il donnera un aperçu sur la
réforme comptable engagée par le ministère des Finances. Ces dernières
portent sur la loi 07-11 portant système comptable financier et ses
textes d’application ; la loi 10-11 relative aux professions
d’expert-comptable, de commissaire aux comptes et comptable agréés.
Cette réforme a été engagée pour suivre l’évolution comptable mondiale
notamment IAS (International Accounting Standard) et IFRS (International
Financial Report Standard) qui souligne l’importance de la réforme pour
l’économie nationale. Les nombreux invités sont ainsi conviés à un
programme copieux concocté pour la circonstance, en témoignent les
thèmes interventions retenues et leurs communicants dont Mustapha
Mékidèche également viceprésident du Cnes (Réforme économique et
gouvernance d’entreprise : un chantier inachevé) ou le
journaliste-économiste Yacine Ould Moussa (La compétitivité de
l’entreprise algérienne : enjeux et réalités) qui a charmé l’assistance
par ses incartades philosophico-poétiques et ses métaphores. Cette
première matinée aura vu aussi — en marge de son assemblée générale — la
tenue de son premier congrès de l’Ordre national des experts-comptables
avec pour président Akli Toubert. Très peu de participantes à cette
rencontre ardue d’experts de la finance, à croire que c’est là
uniquement un métier d’homme ! Quoi qu’il en soit, les communications
ont porté essentiellement sur l’entreprise algérienne-PMI et PME, la
disséquant (le mot n’est pas trop fort) dans ses plis et replis tant le
problème de gestion se pose avec acuité car c’est là où le bât blesse
pour toute l’économie nationale. Dans les interventions ou les débats
qui les ont suivies, une multitude de questions en rapport avec la
réalité de l’entreprise quant à sa conduite et ses objectifs à long
terme qui font défaut. Elles fonctionneraient à l’aveugle selon
certains, verdict sans appel : «La majorité des entreprises n’ont pas de
tableau de bord.» Il faudrait un système d’information qui mettrait en
valeur l’entreprise à travers l’information sur ses ressources et
possibilités. Un glissement imperceptible vers le noircissement du
tableau de la réalité des entreprises privées ou publiques au demeurant
que récuse Mékidèche. «Pessimisme de l’analyse mais optimisme dans
l’action », dit-il voulant secouer ainsi les plus récalcitrants qui
dénoncent un climat des affaires très peu stimulant. Chacun est allé de
son analyse, son explication sur le marasme dans lequel l’entreprise
algérienne se trouve. Mais les experts-comptables, sans doute très au
fait du fonctionnement interne de ces entreprises, proposent plutôt de
les accompagner vers un mieux-être en matière de gestion, car «le métier
change radicalement», il n’est plus dans le rôle de contrôleur mais un
partenaire impliqué dans la mondialisation. C’est dire qu’il y a fort à
faire. Sofiane Benmaghnia, expert-comptable, directeur des Entreprises
des ciments de la Mitidja, met en garde contre l’inadéquation des
systèmes d’information modernes comme internet et les capacités de
l’entreprise d’optimiser son utilisation. «Bien souvent, dit-il, le net,
c’est Facebook pour certains des travailleurs de ces entreprises ». Pour
lui, il faut un système d’information optimisé qui donne de la
visibilité sur les performances de l’entreprise. Il met en garde contre
l’exploitation des systèmes piratés achetés pour 100 DA chez le
revendeur du coin. Aujourd’hui, on est dans un environnement protégé,
note-t-il, qu’en sera-t-il demain ? Mais alors quel mode de gouvernance
pour les entreprises algériennes ? On ne sait pas trop de l’avis général
! Car, c’est introduire dans le débat la problématique du système
économique en vigueur qui se revendique de l’économie de marché mais où
les règles du libéralisme n’ont pas cours, où l’informel domine des pans
entiers de l’économie, où les transactions (même les plus grosses) se
font en espèces, où l’instabilité institutionnelle précarise les plus
hardis entrepreneurs, où la Bourse d’Alger est toujours à l’état de
veille, etc. C’est dire que le partenariat expert-comptable – entreprise
s’il ne relève pas de l’utopie n’est pas moins aussi une exigence que
les uns et les autres (les chefs d’entreprise) doivent de plus en plus
intégrer dans leur stratégie de management. La nouvelle génération de
chefs d’entreprise et d’experts financiers formés dans les grandes
écoles feraient-ils bon ménage ?
Brahim Taouchichet

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Brahim Taouchichet

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