50e ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE: Le passé devant soi

Lesoir; le Dimanche 9 Decembre 2012
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On a souvent tendance à prêter attention à celui qui nous raconte des histoires vécues, d’une époque certes révolue, mais témoignant d’une ardeur impétueuse et d’une atrocité inénarrable notamment quand il s’agit de celles commises par le colonialisme français au détriment des nôtres ; me voilà à présent en train de tendre constamment mes oreilles pour écouter ce vieil homme dit Dda Ammar, afin de tout savoir sur ce que les habitants de notre village «H’lia» ont subi. Dda Ammar, l’un des habitants septuagénaires de notre village ayant vécu la guerre, l’indépendance et la période post-indépendance, me raconte l’histoire de la glorieuse bataille de H’lia du 15 mars 1956 qui peut faire pleurer des galets, ébranler les cieux et la terre, émouvoir les morts et faire réagir les vivants et qui est la suivante : C’était par un bon matin d’un certain 15 mars 1956 qu’une des troupes de l’ALN dirigée par le moudjahid Hocine Youcef dit «Moustache» est arrivée dans notre région, venant de Bouandas, au prix d'une longue marche qui a épuisé les résistants. Arrivant au niveau du village d'Aouna, la patrouille fut survolée par un hélicoptère ennemi. L'un des moudjahidines se mit à tirer sur l'appareil. Les éléments de l'armée française, présents dans l'hélicoptère, donnèrent aussitôt l'alerte en signalant la position des maquisards. Quand ces derniers arrivèrent au niveau du village de H'lia, ils furent surpris par la présence d'un grand nombre de soldats français appelés en renfort pour arrêter la progression des djounoud. Ce fut un violent affrontement qui se solda par un bilan très lourd : plus de 67 éléments de l'armée française furent tués et un grand nombre de blessés enregistré. Pour les moudjahidine, les pertes furent de 6 martyrs tombés au champ d'honneur et la capture d'un résistant par l'armée française. Cette défaite cuisante de l'armée colonialiste a été durement ressentie dans le camp ennemi, à tel point qu'elle voulait prendre sa revanche. Les villageois, femmes et hommes, vieux et enfants, furent réunis et l'ordre fut donné de les abattre. Le bilan fut très lourd : 45 hommes massacrés en un seul coup, alors que 87 femmes, enfants et personnes âgées trouvèrent la mort dans les mêmes circonstances. Voilà l'un des épisodes les plus «brillants» de la grande œuvre civilisatrice de la France coloniale. Nos jeunes doivent tout savoir du sacrifice des aînés et de la souffrance de leur peuple qui n'a jamais douté de la victoire finale.
Hamidi Yaakoub H’lia – Setif

Categorie(s): voxpopuli

Auteur(s): Hamidi Yaakoub H’lia – Setif

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