Abdelmadjid Menasra :: «Un candidat unique des islamistes nuit à leur cause»

Lesoir; le Dimanche 10 Novembre 2013
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Plaidant le parachèvement de l'indépendance intégrale
du pays, Abdelmadjid Menasra estime qu'après plus d'un demi-siècle du
recouvrement de la souveraineté nationale, le pouvoir algérien n'est pas
prêt d'atteindre le giron des régimes démocratiques et demeure otage des
pratiques de la pensée unique.
Le président du Front pour le changement, qui a animé hier un meeting au
centre culturel Abdelhamid Benbadis à Constantine considère que
l'ouverture promise après les évènements d'octobre 1988 n'aura été, un
quart de siècle après, qu'un leurre eu égard aux restrictions qui
plombent encore le champ des libertés et un simulacre de démocratie, «boîteuse»
celle-là depuis 1962, au mépris de l'esprit même de la déclaration du
1er novembre 1954. Les échecs tous azimuts qui freinent le développement
sont autant d'alibis aux aspirations de changement pacifique tel que
préconisé par l'orateur. Le mal de la corruption n'est pas en reste, car
selon lui, «un tiers des enveloppes allouées aux différents projets
sectoriels part dans les méandres de la corruption». Et d'ironiser que
parfois l'on a tendance à privilégier la préservation des avoirs de
l'Etat dans des caisses pleines que d'inscrire des opérations d'utilité
publique qui renflouent également les poches des corrompus dans un pays
«manifestement assez riche mais où la pauvreté et le chômage atteignent
des pics incroyables».
Un discours modéré qui rompt avec la virulence habituelle d'un Menasra,
qui a néanmoins tenté de mettre l'accent sur la nécessité du travail et
du déploiement sur le terrain pour imposer le changement, non sans le
préalable de concorde et d'entente entre tous les acteurs de la scène
politique, notamment en prévision des prochaines élections
présidentielles. Pour cela, le scénario idéal, selon Menasra, serait
d'accompagner des personnalités consensuels vers une compétition
élective saine sans immixtions de l'administration tant celle-ci ne
jouit d'aucune crédibilité. Et d'entente entre acteurs politiques,
Menasra n'exclut pas le pouvoir en place bien que sa position contre un
quatrième mandat pour l'actuel locataire du palais d'El Mouradia soit
tranchée. Un président auquel il reproche la stagnation de la situation,
voire le recul sur les plans social, économique et politique après la
promesse des réformes qui ont accouché en fin de compte d'un faux
Parlement et d'Assemblées locales incompétentes. Aussi dénoncera-t-il
«l'hypocrisie politique qui sème la discorde à la veille d'un
rendez-vous crucial que nous voulons de communion et d'accord». Les
partis du courant islamiste d'où il est issu, ne seraient pas prêts de
pactiser pour une alliance et un candidat unique en prévision des
présidentielles de 2014, pense Menasra. Une option qu'il récuse car
«cela participerait à desservir et même à nuire au courant islamiste»,
enchaîne-t-il
K. G.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): K. G.

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