Abdelmalek sellal à partir d’Adrar :: «Bouteflika ne partira pas !»

Lesoir; le Jeudi 7 Novembre 2013
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De notre envoyé spécial à Adrar, Kamel Amarni
Abdelmalek sellal accentue sa campagne électorale et l’affine même,
désormais ! Hier mercredi, à partir de la wilaya d’Adrar où il était en
visite, il franchira un nouveau pas, en lâchant «crûment» et sans détour
que «Bouteflika ne partira pas». Ce n’est pas nouveau chez le Premier
ministre qui multipliait les allusions jusque-là quant à l’intention de
Bouteflika de se représenter aux prochaines présidentielles, mais c’est
la première fois qu’il le dira de manière aussi directe.
Sellal a pris le soin d’envelopper son message fort d’une anecdote qu’il
lancera en direction d’une salle abritant sa rencontre traditionnelle,
celle avec «la société civile».
Connaissant parfaitement la sociologie locale fortement dominée et
façonnée par la toute-puissante Zaouïa, il dira très précisément : «La
semaine dernière, j’étais à Sétif où un jeune cheikh de zaouïa
m’interpellait pour me dire que, si Bouteflika part, les zaouïas
disparaîtront. Je lui ai répondu ceci : c’est ta tante qui partira, pas
Bouteflika ! Eh bien sache que Bouteflika ne partira pas et les zaouïas
non plus» !
Rien que pour la semaine en cours, d’autres déclarations similaires
avaient été faites par d’autres responsables. D’abord le patron du RND
et néanmoins président du Sénat, Abdelkader Bensalah, puis… le SG du
FLN, Amar Saïdani. Hier mercredi, tout le monde attendait d’ailleurs ce
que Sellal, violemment «malmené» par Saïdani il y a deux jours, allait
répondre au patron du FLN. Or, du moins lors de la première partie de
l’intervention devant la société civile qu’il décline toujours en deux
temps, le Premier ministre n’en fera même pas allusion.
Il réservera l’essentiel de son discours à poursuivre son offensive sur
son thème favori depuis quelque temps : «la stabilité». Entre autres, il
dira : «Beaucoup de pays nous demandent comment l’Algérie a échappé à ce
qu’on appelle printemps de je ne sais quoi. Nous avons vécu l’enfer
durant les années 1990 (…) mais aujourd’hui, nous avons décidé de vivre
dans la paix et la quiétude. Ceux qui veulent notre aide, nous sommes
là. Mais nous ne donnerons de leçons à personne.»
Sellal insistera particulièrement sur ce point, ponctuant ses dires à
chaque fois en citant Bouteflika. «La stabilité est la base de tout
développement. Rassurez-vous, votre pays va très bien et il ira encore
mieux à l’avenir.» Il citera la wilaya d’Adrar comme exemple.
«Cette wilaya connaîtra un bouleversement économique avec son potentiel
agricole qu’il y a lieu de booster, mais aussi avec de nouvelles
découvertes considérables en gaz et en pétrole dans cette wilaya.»
Et c’est en énumérant les grands projets prévus pour la wilaya que
Sellal laissera s’échapper un autre «gros message».
En évoquant les projets de chemin de fer prévus, il annoncera,
affirmatif : «Ces projets seront inscrits lors du prochain plan
quinquennal.» Il faut juste préciser que l’actuel plan quinquennal en
cours arrivera à terme en avril 2014 !
«Vous souffrez d’un complexe civilisationnel»
Abdelmalek Sellal ne rate aucune occasion pour malmener les responsables
de l’urbanisme, à travers tout le pays. A Adrar, encore une fois très
déçu par la médiocrité frappante des sites ou projets qu’on lui avait
présentés, il s’écriera : «Je suis définitivement convaincu que vous
souffrez d’un vrai complexe civilisationnel.» Il constate l’absence
d’imagination et, partant, d’infrastructures nécessaires pour une
nouvelle cité en construction et fera remarquer : «Mais vos cerveaux
sont vraiment gelés ! C’est quoi cette horreur ? S’il vous plaît, si ce
n’est pas trop tard, arrêtez-moi tout ça et refaites tout !» Encore une
fois…
K. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): K. A.

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