AFFAIRE DE L’IMAM B. ZIDANE : L’énigme de l’enveloppe du 9 août 2005

Lesoir; le Jeudi 13 Decembre 2012
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L’affaire de l’imam B. Zidane sera jugée aujourd’hui par-devant le tribunal criminel de Annaba. Beaucoup de zones d’ombre restent à élucider dans cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre en 2005/2006. La genèse de cette affaire de notoriété publique mérite que l’on s’y attarde un temps soit peu du moment que neuf personnes relevant de différentes institutions (Conservation foncière, Agence foncière, APC et CPA) vont défiler aujourd’hui à la barre. En ce qui concerne le CPA, deux prévenus auxquels on reproche le délit de dilapidation de deniers publics, et ce, suite à des octrois de crédits dans le cadre de la promotion immobilière, crédits dûment autorisés par la direction générale et répondant à toutes les conditions et garanties. Or, que reproche-t-on à ceux-là mêmes qui n’auront fait qu’exécuter des ordres venus d’une hiérarchie supérieure ? Une instruction aurait été orientée vers l’agence concernée et blocage desdits prêts aurait été ordonné le 9 août 2005. Or, le 15 de ce même mois et de cette même année, le signataire de cette injonction de blocage accompagné du promoteur en question fait une descente à cette agence et interpelle tout le personnel sur l’absence de diligence et les réticences du directeur d’agence et de son adjoint à débloquer l’avant-dernière autorisation (24 millions de dinars). Ces derniers, ignorant la fameuse injonction de blocage du 9 août 2005 et bien que réticents, ne font alors qu’exécuter, et satisfont à la demande du client. Presque une année après, enquête diligentée oblige, c’est devant le juge d’instruction que le directeur d’agence prend connaissance d’une copie de la fameuse correspondance demandant blocage des crédits. Cette correspondance n’ayant jamais été reçue et donc enregistrée au niveau de l’agence, ce n’est que le 7 mai 2006 qu’une chargée d’étude découvre par hasard qu’une enveloppe était bel et bien enfermée dans une armoire-coffre… Qui aurait eu intérêt à dissimuler cette enveloppe au directeur d’agence ? Sûrement pas ce dernier puisqu’il aurait voulu ne pas accorder de crédits à cet imam promoteur et sans doute trop preneur, car en fuite au jour d’aujourd’hui. Que cache une procédure qui se sera étalée sur de nombreuses années en privant de liberté des exécutants ? Seul l’avenir nous le dira et les véritables leviers de cette affaire ubuesque ne sauraient échapper à la justice. C’est du moins le souhait de tous ceux qui œuvrent encore à la défense des deniers publics.
B. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): B. B.

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