AFFAIRES DE CORRUPTION: Menasra dénonce des «procès non-équitables»

Lesoir; le Dimanche 10 Mai 2015
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Pour le président du Front du changement, les procès
des affaires de corruption en cours sont loin d’être équitables. Selon
lui, il n’y a point de volonté politique pour lutter contre la
corruption.

Rym Nasri - Alger (Le Soir)
«Les procès des affaires de corruption ouverts dernièrement ne sont
pas allés au fond des dossiers. Ils se sont contentés de quelques
parties de ces dossiers», affirme Abdelmajid Menasra hier, lors de
l’installation du conseil politique de son parti, à Alger. Pour lui, ces
procès sont loin d’être «équitables» et ne font qu’«encourager la
corruption».
Il estime qu’il n’y a pas de volonté politique pour lutter contre la
corruption. Selon lui, tous les dossiers ouverts ne vont pas au-delà de
la première phase. «Ces épisodes sont liés les uns aux autres et à des
niveaux supérieurs», explique-t-il. D’ailleurs, ajoute-t-il, «L’Algérie
enregistre de nombreux vols et affaires de corruptions qui restent
impunis». Le président du Front du changement remet également en cause
les compétences des magistrats. «Certes, ils ont les compétences
juridiques, mais ils n’ont pas les compétences économiques et techniques
pour traiter des affaires pareilles», dit-il.
Abdelmajid Menasra évoque par ailleurs, l’action politique en Algérie.
Selon lui, elle souffre d’un «niveau médiocre» mais aussi du «souci du
pouvoir de la travestir». Aujourd’hui, précise-t-il, «l’opposition est
devenue turbulente et le pouvoir en place fait dans le bizness et la
corruption».
Il cite ainsi l’exemple des partis politiques qui monnayent leurs
sièges. «Comment voulez-vous que ces partis politiques puissent dénoncer
un ministre ou un dossier de corruption ?», s’interroge-t-il. Des partis
qui précise-t-il encore, «n’activent que pour les élections. Ils se sont
transformés en commission électorale».
A cela, s’ajoutent des partis politiques entièrement transformés en
«coulisses de coup d’Etat et de règlements de comptes». Sinon,
poursuit-il, «comment expliquer le fait que des personnes à la tête de
ces partis disparues après un coup d’Etat, reviennent au bout d’une
année et demi au plus tard deux années ?».
Le président du Front du changement regrette en outre, que des partis se
voient refuser l’autorisation pour tenir une activité politique. «De
quel droit, l’administration décide-t-elle d’accepter ou de refuser à un
parti politique de tenir un rassemblement ou un meeting ?», dit-il.
Affirmant que le pouvoir n’encourage pas l’action politique des partis
et l’empêche souvent de se développer, il appelle à la
constitutionnalisation des droits de l’opposition.
Ry. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Ry. N.

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