Ali Benflis à Oran :: «Le pays est sans chef»

Lesoir; le Dimanche 29 Novembre 2015
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«Qui d’entre vous ne sait pas qu’il y a un vide au
sommet de l’Etat ? Malgré tous les artifices utilisés, qui d’entre vous
ne voit pas que l’Etat n’est plus incarné tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur ?» S’exprimait ainsi hier à Oran, Ali Benflis, président du
parti Talaie El Houriyet lors de sa première rencontre régionale avec
les militants de son parti. Concernant la demande des 19 personnalités
nationales à rencontrer le président Bouteflika, il dira que ceci est
leur droit, de même que celui du peuple algérien.

Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - Une vacance du pouvoir qui a selon
l’intervenant pour première conséquence que «le pays est sans chef à un
moment où il est dans une phase comptant parmi les plus sensibles de son
histoire».
Un vide comblé, selon Ali Benflis, par des forces
extraconstitutionnelles. «Des groupes d’influence, d’intérêt et de
pression se sont positionnés à des places qui ne sont pas les leurs et
ils se sont emparés de prérogatives qui ne sont pas les leurs non plus.»
Se désolant de devoir admettre que cette vacance du pouvoir fait de
l’Algérie l’objet de compassion et de dérision. Une Algérie devenue
dit-il «un objet de curiosité dans la mesure où elle offre l’exemple
rare d’un pays dont la première institution est vacante et qui, malgré
cela, prétend savoir ce qu’il fait et savoir où il va».
Pour le président du parti Talaie El Houriyet, il serait utile de savoir
si l’Etat algérien dispose toujours d’un centre de décision unique, au
vu des décisions contradictoires qui se multiplient à propos de la crise
économique actuelle, sur le gaz de schiste, ou encore s’offusque-t-il
«lorsque l’on entend les positions contradictoires exprimées au sujet
d’une question stratégique celle du Sahara occidental». D’ailleurs sur
ce dernier point, Ali Benflis a tenu à exprimer la position de son
parti. Il dira que la position de son parti sur la question du Sahara
occidental est celle de l’Etat algérien lui-même. «Des présidents se
sont succédé et des gouvernements ont changé sans que ne change cette
position car c’est une position juste, qui jouit d’un consensus national
authentique.»
Pour le parti de Benflis le processus de décolonisation n’a pas été
achevé et devra passer par l’exercice du droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination.
Et de s’interroger sur l’utilité d’une révision banale, dit-il, de la
Constitution, qui ne peut en aucun cas, selon l’intervenant, convaincre
que l’impasse politique actuelle n’est due qu’aux quelques failles
constitutionnelles qu’il s’agit de combler, et non, dit il «à un régime
politique plus créateur de problèmes que pourvoyeur de solutions qu’il
s’agit de changer ?»
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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